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Les Notes de lecture de la revue Population & Avenir

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ALLAIN (Joël), GOLDMAN (Philippe), SAULNIER (Jean-Pierre) [Direction de –] – De la prospective à l’action. Quand un territoire se prend en main, Cher 2021.
[Apors, Bourges, septembre 2016, 15,00 €

Existe-t-il un modèle spécifique de développement et d’innovation territoriales dans le contexte institutionnel et politique actuel du “big is beautiful” ? Si oui, la mobilisation des forces vives de ces territoires, la proximité des acteurs, porteurs de richesses humaines et de lien social fort, seront-elles suffisantes ? Ce livre se fonde sur une méthode concrètement mise en œuvre dans un département. L’ouvrage est préfacé par Jean-Michel Baylet, le ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales. La postface, de Gérard-François Dumont, s’intitule : “Favoriser une meilleure gouvernance des territoires”.

BARON (Myriam), CUNNINGHAM-SABOT (Emmanuèle), GRASLAND (Claude), RIVIÈRE (Dominique), VAN HAMME (Gilles) [Direction de –] – Villes et régions européennes en décroissance. Maintenir la cohésion territoriale
[Hermès-Sciences, Paris, 2010, 346 p.]

Les théoriciens de la “décroissance” en rêvent. Pourtant, localement, ce phénomène est fréquent en Europe comme en France. Des dizaines de villes et de régions d’Europe enregistrent une baisse notable de leur population sous l’effet de fécondités abaissées, d’une pyramide des âges vieillie et/ou d’un solde migratoire négatif. Ce livre propose un corpus de cadrage avant de systématiser les facteurs explicatifs à la lumière d’exemples choisis dans divers territoires européens : régions suédoises, Basilicate italienne, Bretagne ou villes polonaises. Enfin, la troisième partie du livre se penche sur les enjeux multiscalaires de la gouvernance des villes décroissantes. En effet, le développement peut être “durable”, mais qu’en est-il de la décroissance alors qu’elle raréfie les moyens financiers ? Reste une question à traiter : ses effets inégalitaires sur les territoires ne risquent-ils pas de conduire à des “schismes verticaux entre les communautés séparées sur le plan géographique” analysées par Arnold Toynbee ?

BŒUF (Jean-Luc), DUMONT (Gérard-François) [Préface] – Les très riches heures des territoires
[Éditions Population & Avenir , 2019, 168 p.]

Ce livre permet de décrypter finement l’année 2018 des territoires en France, une année marquée par de très riches heures…Quelle année ! En 2018, le citoyen-usager-contribuable-automobiliste a dû s’habituer, en maugréant, à rouler à 80 km/h sur les routes secondaires, à surveiller avec angoisse le montant (ou la disparition) de sa taxe d’habitation et à voir grimper le montant des taxes.Quant aux élus des collectivités territoriales, à un peu plus d’un an des élections locales, ils ont grogné de voir l’État les regarder de si haut. Même traité avec humour et (fausse) légèreté, à coups de citations d’Audiard, de titres de films, références littéraires et cyclistes à l’appui, le récit est saisissant : comme si l’année 2018 ne pouvait que déboucher sur le mouvement des « gilets jaunes » et le réveil de la « France périphérique ».Plus de soixante chroniques ponctuant les saisons permettent de prendre toute la mesure des très riches heures des évolutions territoriales.Ce livre est préfacé par Gérard-François Dumont sur le thème « territoires et citoyenneté ».
BECKOUCHE (Pierre) et RICHARD (Yann) – Atlas d’une nouvelle Europe
[Autrement, Paris, 64 p., 14,20 €]
Cet atlas s’est fixé comme objectif de resituer les pays de l’Union européenne dans leur contexte géographique, ce qui appelle une cartographie traitant également de la Russie et du mare nostrum des Romains, donc analysant aussi le Proche-Orient et le Maghreb. Après l’examen de ce vaste ensemble géographique sous les aspects démographique, économique, éducatif et sanitaire, l’ouvrage distingue les liens (échanges commerciaux, flux touristiques, flux de capitaux, migrations…) et les risques (géographie des armes, crises…). L’ensemble est remarquable, mais il est inévitable que tant de cartes conduisent à des imperfections, comme l’oubli (page 23) des importants flux migratoires marocains vers l’Espagne ou ukrainiens vers l’Italie.
BELLON (Christophe) – Briand. L’Européen
[La documentation Française, Paris 2009, 108 p., 9,51 €]
Il fut souvent reproché à Aristide Briand, prix Nobel de la paix en 1926, de chercher la réconciliation avec l’Allemagne. Briand n’était nullement démographe. Toutefois, son argument constant était de devoir fonder sa politique sur la réalité de la natalité française, donc sur le fait d’un pays connaissant un faible dynamisme démographique.
BERRAMDANE (Abdelkhaleq) et ROSSETTO (Jean) – La politique européenne d’immigration
[Karthala, Paris 2009, 312 p., 26,60 €]
Les textes de l’Union européenne signifient la mise en œuvre d’une politique européenne commune de l’immigration. Cette dernière est d’ailleurs, en même temps, le corollaire des accords de Schengen ayant débouché sur un espace de libre circulation, comme en témoigne la suppression des postes douaniers aux frontières des pays concernés ou les passages réservés aux ressortissants “Schengen” dans les aéroports. Mais quel est le contenu réel de cette politique ? Ce livre propose deux ensembles de réponses. Les premières se situent à l’échelle de l’Union européenne en examinant la nature, volontaire ou contrainte, de cette politique, en la discutant au regard des droits de l’homme, en examinant ses rapports avec l’aide au développement… Les secondes consistent à considérer une échelle nationale : Italie, Espagne, Maroc, Chypre…
BERTHELOT (Pierre) & LAZAR (Marius) – L’Irak : d’une crise à l’autre
[L’Harmattan, coll. Orients Stratégiques n° 2, Paris, juillet 2015, 228 p., 24,50 €]
Puisque nombre des problèmes posés par la géopolitique actuelle de la Mésopotamie, dont la présence de l’organisation “État Islamique”, ont des germes en Irak, le numéro 2 de cette revue a choisi de traiter de ce pays. En effet, le renversement de la dictature de Saddam Hussein par les États-Unis, aidés du Royaume-Uni, a radicalement modifié les réalités politiques, sociales et sécuritaires de l’Irak. Loin de devenir le bastion, annoncé par les stratèges néoconservateurs américains, de la démocratie et de la stabilité dans la région, le pays est au bord de la fragmentation ethno-confessionnelle. Les aspects liés à la géopolitique des populations sont notamment traités avec un chapitre intitulé “L’Irak face à sa diversité ethnico-religieuse”.
BICHOT (Jacques) – La retraite en liberté
[Le Cherche Midi, Paris, janvier 2017, 128 p., 15,00 €]
Le système de retraite doit être non seulement réformé mais restructuré pour devenir viable, gouvernable et respectueux des choix individuels. Avant d’énoncer dans ce dessein les mesures qu’il souhaite voir mettre en application, comme l’unification de 36 régimes à un seul, l’auteur invite à connaître une histoire souvent oubliée. Il explique ainsi comment le système français de retraite en est arrivé à sa situation d’aujourd’hui à travers des péripéties méconnues, comme le fait qu’en 1930, la IIIe République a instauré un système obligatoire de retraites par capitalisation et qu’en 1941 une loi de Vichy l’a transformé en un régime “par répartition”. Un livre d’une lecture sans laquelle il est impossible de comprendre et de prendre position sur la question des retraites.
BICHOT (Jacques) & ROBINET (Arnaud) – La mort de l’État-providence
[Manitoba-Les Belles Lettres, coll. Entreprises et société, Paris, 2013, 178 p., 18,53 €]
Pour susciter une compréhension pédagogique du besoin d’assurances sociales, ce livre propose un titre que certains jugeront provocateur. Mais n’est-ce pas la meilleure voie pour se contraindre à analyser lucidement des réalités essentielles et innover hardiment ? En particulier, ce livre montre excellemment pourquoi il faut en particulier rompre avec le mensonge qui fait des cotisations vieillesse la cause juridique des droits à pension, car payer la retraite des aînés ne prépare en rien celle de la population active : celle-ci dépend des enfants mis au monde et de leur éducation. Un livre courageux et salvateur.
BICHOT (Jacques) – Retraites. Le dictionnaire de la réforme
[L’Harmattan, collection Sauvegarde Retraite Paris 2010, 232 p., 22,80 €]
Jacques Bichot a eu l’excellente idée de rédiger un dictionnaire de la retraite qui propose 155 notices, de “Actuaire” (“personne maîtrisant les outils statistiques et probabilistes”) à “Zen” (“l’attitude qu’il convient d’adopter vis-à-vis des problèmes que rencontre le système français de retraites par répartition”) en passant par le “théorème de Sauvy” (“la prise en charge des travailleurs actuels quand ils arrêteront leur contribution à la production prend la forme, pour une large part, de prélèvements sur le produit du travail de ceux qui sont actuellement des enfants ou des jeunes en cours de formation, ou qui ne sont pas encore nés”). Ce livre est certes un dictionnaire, mais avec l’ambition d’une clarification de la question des retraites pour déboucher sur des choix qui puissent les rendre durables. cela ne dépend pas seulement des spécialistes mais de tous les citoyens dont cet ouvrage mérite d’être un livre de chevet.
BICHOT (Jacques) et LENSEL (Denis) – Atout famille
[Presses de la Renaissance, Paris, 2007, 292 p., 19,00 €]
Ce livre montre d’abord le rôle que joue la famille au niveau matériel, dans la vie affective, dans le développement des enfants, dans le sens de la vie en général et du travail en particulier. Ses dysfonctionnements eux-mêmes, par la gravité de leurs conséquences, le prouvent. Puis les auteurs démontrent que la famille tient une place essentielle dans la société. Car si la République, la religion, l’école, ont perdu de leur pouvoir intégrateur, la famille, elle, est aujourd’hui un instrument de liberté. Sa position dans le fonctionnement de l’économie est centrale, comme unité de consommation, et comme productrice du facteur de production le plus important : l’Homme. Selon ce livre, la famille ne répond pas toujours à l’espoir que l’homme met en elle. Mais, comparée aux autres institutions, elle ne se débrouille pas mal du tout !
BLED (Jean-Paul), JOUVE (Edmond) et RÉVEILLARD (Christophe) – Dictionnaire historique et juridique de l’Europe
[PUF, Paris, 2013, 432 p., 30,40 €]
Le lecteur pourrait se laisser prendre par les deux adjectifs du titre qui présente ce livre comme un “dictionnaire historique et juridique”. En réalité, ce dictionnaire comprend notamment, outre des historiens et des juristes, des géographes et s’apparente davantage à une encyclopédie car chacune des 450 notices présente de véritables synthèses analytiques. Cela en fait un ouvrage indispensable
BLUM (Carol) – Croître ou périr. Population, reproduction et pouvoir en France au XVIIIe siècle
[INED, Paris, 2013, 288 p., 20,90 €]
La connaissance du passé éclaire le présent et aide à penser le futur. C’est pourquoi la lecture de ce livre érudit est essentielle. On y retrouve Montesquieu, qui pense que la France se dépeuple, Voltaire, admirateur de la Chine et partisan de la polygamie compte tenu de la surmortalité masculine due notamment aux guerres, Rousseau, craignant une “excessive population”, et les angoisses de Malthus. Mais, à côté de ses auteurs restés célèbres, le XVIIIe siècle recèle de nombreux philosophes, écrivains libres-penseurs déployant de multiples idées sur les questions qu’on n’appelle pas encore “démographiques” et cherchant des responsables à la dépopulation qui, pensent-ils, menace la France. Tous les débats contemporains sur l’hiver démographique, le célibat des prêtres, le divorce ou les relations homme-femme, dénommés désormais les questions de “genre”, étaient déjà présents il y a trois siècles. De quoi réfléchir aux débats d’aujourd’hui.
BŒUF (Jean-Luc) – Un seul lit pour deux rêves – La France et ses régions
[Primset éditions, Paris, novembre 2015, 176 p., 21,10 €]
Ce livre propose un traitement des questions territoriales totalement original et inédit. En effet, pour présenter cent cinquante ans de débats et de réformes du monde local, il consacre à chaque année un thème qui a fait l’objet d’une mesure concrète et sa contribution à la France des territoires. Chaque thème d’une page se décline en trois points : le contexte, les faits et “et après ?”. Ainsi le livre commence-t-il en 1865 avec dix-neuf intellectuels lorrains, notables et hommes politiques de divers horizons, qui publient un document reprenant leurs discussions relatives à la décentralisation. Leur mot d’ordre est simple : “Ce qui est national à l’État ; ce qui est régional à la région ; ce qui est communal à la commune”. La décentralisation tient ici son mot d’ordre. Un livre passionnant.
BOSC (Serge) – Tous en classes moyennes ?
[La Documentation française, coll. Doc’ en poche-Place au débat, Paris, 2013, 144 p., 7,51 €]
Parce que la mixité sociale est favorable à la cohésion d’une société, l’existence de classes moyennes semble profitable à son bon équilibre. Aussi, la réussite des pays émergents est-elle souvent jugée à l’aune de la croissance de leurs classes moyennes. Mais cette croissance, effective dans les pays émergents où des millions de personnes sont sorties de la pauvreté ces dernières décennies, connaît-elle une évolution inverse dans les pays du Nord ? Pour répondre à cette question, il faut d’abord définir ce que sont les “classes moyennes”, alors que cette appellation est changeante au fil du temps, et insister sur le fait que ces classes ont des “situations économiques plurielles”. Autre question : sont-elles en crise ? Serge Bosc répond sous la forme d’un entretien lui permettant notamment de distinguer trois types de déclassement : le déclassement professionnel, lié par exemple au fait qu’une personne dispose d’un diplôme universitaire bien supérieur à celui requis pour l’obtention de tel ou tel concours de la fonction publique, le déclassement en cours de carrière, qu’il juge rare mais qui doit être associé au fait que les mobilités ascendantes (par exemple d’ouvrier à technicien) sont plus rares, et le déclassement intergénérationnel, lorsque l’enfant d’un actif a une position socioprofessionnelle inférieure à celle de ses parents au même âge.
BOULY (Jean-Claude) & GODET (Michel) (dir. de–) – Bonnes Nouvelles des Territoires. Grand Prix 2014
[Odile Jacob, coll. OJ. Économie, Paris, janvier 2015, 153 p., 18,00 €]
La France d’en haut est peut-être malade mais l’espoir de rémission se trouve dans ses territoires où partout fleurissent des initiatives économiques et sociales réussies, impertinentes et stimulantes. Elles donnent envie d’organiser la contagion des initiatives reproductibles pour relever la France par le bas. Oui, il est possible d’avoir 5 % de chômeurs et 40 % d’emplois industriels, comme dans le pays de Vitré. Oui, il est possible de mobiliser les habitants des quartiers Nord de Marseille autour de l’histoire archéologique de leur ville. Oui, le handicap est aussi une différence à “positiver”, et rien ne résiste à la force de la volonté et des projets partagés. Quand le rêve devient réalité, on reprend confiance en l’avenir. Tel est le message principal de ces 11 réussites sélectionnées parmi 120 projets présentés au Grand Prix des Bonnes Nouvelles.
BOURDEAU-LEPAGE (Lise) & GOLLAIN (Vincent) (dir.) – Attractivité et compétitivité des territoires : théories et pratiques.
[CNER (Conseil National des Economies Régionales), Paris, mai 2015, 205 p.]
Le terme “théories” figurant dans le sous-titre de ce livre pourrait rebuter : ça serait une erreur. En effet, les auteurs de la première partie, qui se veut théorique, illustrent leurs analyses par des exemples fort bienvenus. Puis les deux tiers du livre se fondent sur des exemples choisis à toutes les échelles : une infrastructure comme le viaduc de Millau, un grand équipement comme Iter (programme de recherche visant à maîtriser la fusion nucléaire qui pourrait être, dans le futur, une inépuisable source d’énergie) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une commune comme Saint-Omer (Pas-de-Calais), un département comme l’Essonne, une région comme Midi-Pyrénées. Tous ces exemples sont là pour témoigner combien tout territoire, quelle que soit sa dimension, peut être valorisé.
BOURDIN (Sébastien) & TORRE (André) (dir.) – Big bang territorial. La réforme des régions en débat
[Armand Colin, Paris, décembre 2015, 344 p., 3,99 €]
Ce livre numérique permet d’éclairer de nombreuses questions : quelle légitimité des nouveaux périmètres régionaux ? Quels rôles et quelles fonctions des nouvelles régions ? Comment (re)penser les projets des territoires de demain ? Quelles réformes dans les autres pays ? Durant plus d’un an, des chercheurs, spécialistes en géographie, aménagement du territoire, économie régionale, marketing territorial… ainsi que quelques acteurs de terrain, se sont penchés sur les nouvelles lois territoriales françaises pour les décrypter. Un livre à la fois complet et très riche.
BOURON (Jean-Benoît) & GEORGES (Pierre-Marie) – Les territoires ruraux en France.
[Ellipses Marketing, Paris, septembre 2015, 288 p., 29,00 €]
Dans ce livre très riche et très complet, la première partie, « des territoires ruraux en mutation », insiste notamment sur les dynamiques de peuplement et le fait que les territoires ruraux sont aussi des territoires productifs. Il est bien souligné que l’émigration rurale a fait long feu et que le rural connaît un renouveau démographique qui se traduit par une nouvelle sociologie de la population rurale. Certes, la « renaissance » rurale est contrastée, engendrant une ruralité recomposée. La seconde moitié du livre nous invite à voyager dans la diversité des ruralités de la France, sans oublier les campagnes des Outre-mer. Un livre essentiel.
BRUNEL (Sylvie) – Géographie amoureuse du maïs.
[Jean-Claude Lattès, coll. Essais et documents, Paris, 2012, 250 p., 17,10 €]
S’intéresser au maïs, ce n’est pas seulement se pencher sur l’histoire de la première plante cultivée au monde. C’est plonger dans l’histoire des civilisations à travers les différents continents. C’est aussi s’interroger sur l’avenir du monde d’autant plus que le maïs est un composant “végétal de la mondialisation”. Combinant ses compétences scientifiques avc un style fort agréable, Sylvie Brunel nous convie à une sorte de “saga” du maïs, qui est aussi celle de l’humanité.
BRUNEL (Sylvie) – Géographie amoureuse du monde.
[Jean-Claude Lattès, coll. Essais et documents, Paris, 2011, 279 p., 18,34 €]
Sylvie Brunel sait merveilleusement montrer combien la géographie rend heureux, puisqu’elle nous invite à être amoureux du monde. Un amour justifié par les immenses progrès effectués par les « civilisations humaines », grâce auxquelles « nous avons la chance d’habiter une planète accueillante, fertile et pleine de diversité ». Cette proposition est attestée par les observations de l’auteure à travers le monde. Un livre délicieux pour réunir ceux qui croient que la géographie est un bonheur et ceux qui pensent que la géographie ne serait que source de contrariété.
BRUNEL (Sylvie), PITTE (Jean-Robert) – Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête.
[Jean-Claude Lattès, coll. Essais et documents, Paris, 2010, 352 p., 18,05 €]
Selon les sondages réalisés en Europe, la France se singularise par une forte tendance à cultiver le pessimisme. Mais ce dernier est-il scientifique ? Privilégiant les enseignements de la connaissance à l’acceptation béate des poncifs, quinze “grands scientifiques géographes nous rassurent sur notre avenir”, comme le dit la couverture. Ils démontrent que l’humanité peut apporter des réponses aux défis qu’elle rencontre : la maîtrise des risques environnementaux, le réchauffement climatique, la montée des eaux, l’avenir démographique de la planète, la question énergétique. La science géographique n’engendre donc pas le pessimisme. Au contraire, lorsqu’elle sait utiliser comme ce livre un langage clair accessible à un large public, elle est roborative. Un livre à lire d’urgence.
BRUNEL (Sylvie) – Nourrir le monde. Vaincre la faim
[Larousse, Paris, 2009, 285 p., 17,00 €]
En dix chapitres de synthèse illustrés de photographies, de cartes et d’encadrés, ce livre dénonce les idées reçues, fait le point et montre comment il est possible de vaincre cette sous-alimentation qui concerne encore un septième de la population dans le monde.
CADÈNE (Philippe) & DUMORTIER (Brigitte) (dir. de–) – L’Inde : une géographie
[Armand Colin, coll. Horizon, Paris, octobre 2015, 416 p., 24,00 €]
Les différents aspects géographiques du second pays milliardaire en nombre d’habitants, l’Inde, demeuraient insuffisamment analysés dans les publications françaises. La parution de ce livre est donc essentielle. Cet ouvrage présente, à différentes échelles, à partir des dernières données disponibles et des recherches les plus récentes, les grands enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, politiques et stratégiques de ce grand pays émergent. Les contradictions et les paradoxes, les progrès spectaculaires et les retards persistants, les inégalités sociales et les disparités spatiales d’un pays en mutation sont analysées à partir de sources de première main par des auteurs alliant rigueur scientifique et souci didactique. Des textes clairs, étayés par de nombreux tableaux, graphiques et cartes, proposent une géographie de l’Inde des villes et des campagnes, des plaine et des montagnes, des littoraux et des espaces de l’intérieur. L’objectif est de mieux faire comprendre, au delà des idées reçues, les défis auxquels est confrontée cette grande démocratie.
CARRIÈRE (Jean-Paul), DEMAZIÈRE (Christophe), PETREA (Rodica), FILIMON (Luminita) (dir de–) – La mise en œuvre du développement territorial durable : déclinaisons franco-roumaines
[L’Harmattan, Paris, 2013, 278 p., 27,55 €]
Le développement territorial durable est devenu aujourd’hui un référentiel de l’action publique, ou même d’opérations privées, en matière d’aménagement et de développement, en France comme en Roumanie. Comment, dans ces deux pays, les principes respectifs du développement territorial à l’échelle infranationale et du développement durable sont-ils conjugués, à travers la mise en oeuvre de stratégies, de plans d’action ou de projets d’aménagement ? Ce livre répond à ces questions en trois parties. La première comporte des éléments plus théoriques sur le sens et la portée de l’aménagement du territoire dans le contexte du développement durable. La deuxième partie propose d’analyser comment des politiques territoriales traduisent le développement durable sur des terrains français et roumains. Quant à la troisième partie, elle se concentre sur la question de la préservation de l’environnement avec différents exemple, dont Rennes et Tours.
CATTARUZZA (Amaël) – Atlas des guerres et conflits
[Éditions Autrement, coll. Atlas Monde, 2014, 96 p., 18,91 €]
Cet atlas comprend quatre parties. La première, intitulée “Les sept clés pour comprendre les conflits”, insiste sur les différentes échelles et les enjeux économiques. “Anciens et nouveaux acteurs”, titre de la deuxième partie, traite notamment de la place croissante des réfugiés et des combattants irréguliers. La troisième partie propose l’étude d’une douzaine de “régions sous tension, lieux en guerre”. “Les guerres de demain”, titre de la quatrième partie, traite en réalité de conflits déjà actuels, concernant les routes maritimes ou le cyberespace. On regrettera que ce beau livre, dense et riche de sa cartographie, ne traite pas davantage de la géopolitique des populations et de l’importance des diasporas, qui exercent un rôle essentiel dans les conflits, analysables en termes de démographie politique.
Cercle pour l’aménagement du territoire – La DATAR – 50 ans au service des territoires
[La Documentation française, janvier 2017, 160 p., 23,00 €]
Certes, il est regrettable que la Datar ait changé de nom ; elle relève désormais d’un acronyme à la notoriété bien moindre en France et quasiment inconnu à l’étranger. Mais ce serait une erreur de l’oublier. Le Cercle pour l’aménagement du territoire, qui réunit d’anciens collaborateurs de la Datar, a donc eu raison de rédiger ce livre passionnant qui relate un demi-siècle d’aménagement du territoire en France. En réalité, ce livre est une sorte d’encyclopédie de l’aménagement du territoire par la richesse de son contenu qui analyse notamment l’évolution des priorités retenues, des outils et méthodes de travail, sans oublier des cahiers photos et une chronologie qui rappelle un défaut français, les incessants changements de tutelle dans l’administration et, en l’espèce, de la Datar.
CHAPUIS (Jean-Yves) – Profession urbaniste
[Éditions de l’Aube, coll. Bibliothèque des territoires, février 2015, 272 p., 23,10 €]
La ville est inscrite dans une géographie, une dynamique, une histoire, dans des projets de société… Ces derniers préexistent aux logiques techniques, sociales ou environnementales. Pour éclairer cet arrière-plan fondateur qui porte les projets urbains, Jean-Yves Chapuis a rassemblé dans ce livre celles et ceux qui concourent avec lui à la fabrication de la ville actuelle. Cette ville qui doit répondre à un besoin de bien-être et régler les problèmes au niveau du quotidien, ainsi que le dit Max Weber, et être à hauteur d’homme, comme l’écrivait Montaigne.
CHAPUIS (Jean-Yves) – Rennes, la ville archipel
[Éditions de l’Aube, coll. Bibliothèque des territoires, 2013, 176 p., 14,06 €]
Ce livre nous parle d’une capitale régionale, Rennes, et plus précisément du projet urbain que l’auteur déploie depuis plusieurs décennies dans ses responsabilités d’élu. Pour faire comprendre ce projet appelé “la ville archipel”, il a choisi la forme de l’entretien avec Jean Viard. Un passionnant témoignage et une analyse fondés sur les réalités du terrain.
CLAVAL (Paul) – Penser le monde en géographe
[L’Harmattan, coll.Géographie et cultures, Paris, 2015, 270 p., 28,00 €]
Pour le Français dont il est souvent dit qu’il méconnaît la géographie, voici la possibilité de se promener dans tous les aspects de cette discipline scientifique et de ses évolutions. L’auteur montre excellemment comment les mutations de cette discipline se traduisent par deux avancées majeures. D’une part, la géographie s’avère de plus en plus opérationnelle dans ses différentes branches : géographie économique, géographie humaine, géographie politique, géographie des villes et des campagnes, etc. D’autre part, elle permet, plus que jamais, de penser le monde, tout particulièrement par le biais de l’approche culturelle.
CLAVAL (Paul) – Brève histoire de l’urbanisme
[Fayard, coll.Pluriel, Paris, 2014, 320 p., 9,00 €]
Il fut une époque, de la Renaissance au début du XXe siècle, où les architectes avaient pour mission d’ennoblir les palais, les lieux de culte et les résidences des puissants, conférant aux villes occidentales leur dimension esthétique. C’est l’objet de la première partie de ce livre qui n’ignore pas les effets des flux migratoires comme les connaissances transportées en Occident par “les Grecs chassés par l’agonie et la chute de Byzance”. Puis la deuxième partie s’intitule : “À la fin du XVIIIe siècle, la volonté d’ennoblir l’espace se combine avec le souci d’assurer un fonctionnement efficace”. Enfin, la troisième partie s’intéresse à la modernité au XIXe siècle, qui rompt avec les pratiques antérieures au profit de conceptions plus fonctionnalistes, poussées à l’extrême par Le Corbusier. Doit-on pour autant renoncer aujourd’hui à tout idéal d’aménagement harmonieux ? Pour renouer avec le souci d’embellir, il faut bien plus admettre que tout projet d’urbanisme a une dimension sociale. Cette hypothèse est le point de départ d’une histoire passionnante de l’urbanisme européen.
CLAVAL (Paul) – Les espaces de la politique
[Armand Colin, coll. U, Paris, 2010, 415 p., 33,73 €]
Voici un livre, issu de trente ans d’analyses, qui brosse un tableau complet indispensable à tout regard géopolitique. Paul Claval montre d’abord le passage de la pensée politique à la réflexion géographique sur l’organisation politique de l’espace. Puis il décrypte les logiques spatiales du politique avant d’expliquer l’évolution des géographies politiques au fil des siècles. Ensuite, il expose combien l’âge de l’État industriel débouche sur des remises en cause. Il en résulte de nombreuses évolutions dans l’analyse géopolitique. Un livre essentiel.
CLOUET (Louis-Marie), MARCHETTI (Andreas) – L’Europe et le monde en 2020
[Presses Universitaires du Septentrion, Paris 2011, 312 p., 15,40 €]
Le titre est ambitieux mais le résultat est à la hauteur. Au départ,après une première décennie du XXIe siècle de turbulences pour l’Europe (guerre contre le terrorisme, intervention en Afghanistan et dissensions sur le dossier irakien, difficile ratification du traité de Lisbonne, crise économique mondiale), des questions se posent : comment préparer l’avenir lorsque le court terme occupe tout l’horizon ? Quelle sera l’Europe en 2020 ? Quel sera son rôle sur la scène internationale ? Comment fera-t-elle face aux défis globaux à cet horizon ? S’appuyant sur leur expertise et leurs travaux scientifiques, 23 chercheurs allemands et français proposent une analyse inédite sur l’Union européenne et le monde en 2020, dont les scénarios prospectifs concernant la démographie et les migrations.
CLUZEL (Jean) – Solidarité Europe-Afrique
[Economica, coll. Publications HO, Paris, 2013, 176 p., 15,49 €]
Jean Cluzel démontre l’importance de la microfinance et des circuits courts pour porter des solidarités “indispensables” entre l’Europe et l’Afrique. Il présente une cinquantaine de projets aidés, réalisés par des femmes (surtout) et des hommes. En illustration est présentée une analyse de la croissance comparée des populations de l’Europe et de l’Afrique de 1950 à 2050.
COLLECTIF de 12 géographes normands – La Normandie en débat
[OREP Éditions, Bayeux, 2012, 176 p., 19,00 €]
La mise en œuvre de l’unification administrative de la Normandie semble s’enclencher par la voie législative. Mais, la Normandie, pour quoi faire ? Cette question est essentielle car un territoire ne vaut que pour celles et ceux qui y habitent et l’animent. Les géographes auteurs de ce livre s’inscrivent dans le débat. Après l’établissement du diagnostic de la Normandie, le livre rappelle l’histoire qui a conduit à cette différenciation administrative entre la Basse et la Haute-Normandie. Soulignant les pesanteurs et les enjeux, ils plaident pour une politique territoriale débouchant sur une Normandie en développement supposant le désenclavement ferroviaire, une métropole tripolaire (Caen-Rouen-Le Havre) et la valorisation de l’ensemble du territoire. Une fine analyse géographique de la Normandie fort utile aussi pour tous les territoires non-normands qui doivent penser leur avenir.
DA LAGE (Antoine), AMAT (Jean-Paul), FRÉROT (Anne-Marie), GUICHARD-ANQUIS (Sylvie) et al. [Direction de –] – L’après développement durable
[Ellipses Marketing, Paris 2008, 351 p., 23,76 €]
Face à cette expression de “développement durable”, qui peut paraître galvaudée tant elle est désormais utilisée dans tous les domaines, la réflexion doit s’approfondir. D’où ce livre, réalisé dans le cadre du Laboratoire Espaces, Nature et Culture, dirigé par Jean-Paul Amat. Parmi les nombreuses et talentueuses analyses de ce livre, signalons notamment un chapitre de Sophie Bantos sur les “réfugiés climatiques” des Maldives et de Tuvalu, question dont l’examen met en évidence combien cette question concerne la démographie politique en raison de ses incontestables aspects géopolitiques.
DAMON (Julien) & FERRAS (Benjamin) – La sécurité sociale
[PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, septembre 2015, 126 p., 9,00 €]
La sécurité sociale se trouve au coeur de la vie quotidienne comme des grands équilibres économiques. La complexité de ses instruments et institutions déroute souvent jusqu’aux experts les plus aguerris. L’ampleur des masses financières qu’elle redistribue suscite de puissants débats : la sécurité sociale est-elle la locomotive du progrès et de la croissance, ou une entrave à la compétitivité ? Comprendre la place qu’occupe ce pan essentiel de la protection sociale, c’est analyser ses racines et ses évolutions depuis 1945. Ce livre éclaire également ses mécanismes et son organisation. Et il souligne les principaux défis qu’elle doit relever.
DAMON (Julien) & PAQUOT (Thierry) – Les 100 mots de la ville
[PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, 2014, 128 p., 9,00 €]
Les 100 mots de la ville sont déclinés par ordre alphabétique au sein de cinq thèmes différents, traitant de la définition et de la délimitation des villes, de leur aménagement, de la façon d’y vivre, de leurs gestion et administration ainsi que de la mobilité dans les villes. Un sixième plonge dans des villes particulières, de Babylone à Dubaï, en passant par Tokyo ou par les villes moyennes. Dans le nombre de pages réduit de ce type de collection, les auteurs parviennent à ne rien omettre d’essentiel puisqu’ils traitent aussi de ces urbains que sont par exemple les SDF, les touristes ou les bonobos. Une fort instructive et agréable promenade urbaine.
DAMON (Julien) – Petit précis de culture économique
[PUF, Paris, 2013, 304 p., 18,05 €]
L’auteur a rassemblé les articles qu’il a écrits mensuellement pour un grand quotidien, la règle du jeu étant de présenter trois ouvrages par article. L’objet du livre est de nous dépayser en nous présentant des ouvrages – souvent anglo-saxons – que nous ne pouvons pas nous procurer facilement. À concurrence de trois livres présentés par mois depuis 2007, nous en sommes donc à environ 200 présentations ! D’où le terme de “culture” économique. L’ouvrage traite notamment des questions de retraite, de la politique familiale, des villes, des migrations, etc. Bref, un livre à garder sous la main en picorant à partir de la table des matières, pour cultiver la souplesse et la réactivité de son cerveau.
DAMON (Julien) – Les classes moyennes
[PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, 2013, 128 p., 8,55 €]
Julien Damon analyse ce qu’il appelle les quatre “e”. Le premier est “l’effritement” de la classe moyenne car les classes moyennes supérieures se rapprochent des catégories sociales les plus élevées et les classes moyennes inférieures des catégories les plus défavoriseés. Deuxième “e” : l'”écrasement” car, selon l’auteur, les classes qui restent moyennes se trouvent, en France, “desservies par un système de transferts à la fois plus ciblé sur les plus démunis (prestations d’assistance) et favorable aux plus aisés (niches fiscales). “L’étalement” tient à ce que les classes moyennes “alimentent l’étalement urbain à la française”. Enfin, l’auteur parle d'”émiettement” pour noter leur dispersion d’attaches politiques qui fait que tous les partis en parlent sans effet véritable. Par ailleurs, Julien Damon ne se limite pas au cas français mais analyse aussi cette question à l’échelle mondiale avec un focus détaillé sur les États-Unis d’Amérique.
DAMON (Julien) – Les familles recomposées
[PUF, Paris, 2012, 128 p., 8,74 €]
Julien Damon a l’art de décortiquer et d’expliquer clairement des questions sociales, par nature complexes. Dans ce volume, il nous propose de traiter des familles recomposées, au pluriel. Un pluriel justifié pour des raisons quantitatives et qualitatives. Il est vrai que de telles familles, définies comme des familles où au moins un enfant vit, en tout ou partie du temps, avec un beau-parent, sont nombreuses. Elles n’en demeurent pas moins minoritaires puisque sept mineurs sur dix vivent avec leurs deux parents biologiques. Et l’auteur, après une analyse minutieuse d’un appareil de mesure imparfait, conclut à une stabilisation de la proportion des recompositions. Les diversités qualitatives sont également nombreuses. Par exemple, le fait « que la recomposition soit la suite d’un décès ou d’une séparation n’a pas les mêmes implications ». L’apport de ce livre est essentiel. La lecture du savoureux dernier paragraphe a de quoi mettre en joie pour un long moment.
DAMON (Julien) – Villes à vivre. Mode de vie urbains et défis environnementaux
[Odile Jacob, Paris, 2010, 288 p., 18,05 €]
Parce que la densité de population qu’elle implique fait naître des enjeux, la ville a toujours été un espace d’innovations dans les techniques environnementales. Innovations sans lesquelles les villes, comme l’ont craint de nombreux auteurs, auraient disparu, par exemple sous l’effet d’épidémies liées à la promiscuité inhérente à la ville. Fort de cette connaissance, ce livre offre à la fois le point de vue des citadins sur leurs modes de vie et les défis environnementaux ainsi que des analyses de spécialistes des questions urbaines. L’un de ses grands intérêts est de considérer tant des métropoles du Nord que des métropoles du Sud.
DAMON (Julien) – Questions sociales et questions urbaines
[PUF, collection Quadrige, Paris 2010, 384 p., 19,00 €]
Julien Damon a l’art d’examiner les grandes questions de société en mariant différentes disciplines dans un cadre cohérent (le droit, l’urbanisme, la science politique, la sociologie, la démographie…). Sachant que le monde est urbain et les sujets sociaux les premières préoccupations des habitants, cet ouvrage repose sur des contributions portant sur trois thèmes : l’exclusion, la justice sociale et les dynamiques urbaines. Nourri de nombreux exemples, le livre aborde aussi, dans un style fort agréable, de nombreux sujets inattendus, et pourtant essentiels dans la vie quotidienne, comme dans le chapitre intitulé “des vespasiennes aux sanisettes”. L’auteur analyse aussi de façon pertinente d’autres questions, comme celle des SDF qu’il situe au confluent “du social et de l’urbain”.
DAMON (Julien) – Vivre en ville
[PUF, Paris 2008, 304 p., 13,30 €]
L’observatoire mondial des modes de vie urbains, notamment avec le soutien de Veolia environnement, a pris l’initiative d’un vaste sondage dans 14 grandes villes des cinq continents. Puis les résultats de ce sondage servent de prémices pour des analyses scientifiques du fait urbain, dont la question, examinée par Gérard-François Dumont, de l’urbanisation du monde et des populations.
DAVID (Dominique) & DE MONTBRIAL (Thierry) (Dir. de–) RAMSES 2016 – Climat : une nouvelle chance ?
[Paris, Dunod, septembre 2015, 336 p., 27,00 €]
Comme son titre l’indique, le rapport Ramses (Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies) 2016 commence par traiter la question du climat. Mais il aborde de nombreux autres sujets : l’Afrique entre afro-optimisme et afro-pessimisme, la démocratie (“usure ou nouvel âge”) et, dans la partie sur “le monde en question”, deux articles portent sur les migrations.
DE GÉNEAU DE LAMARLIÈRE (Isabelle), DESJARDINS (Xavier), (dir.) – L’aménagement du territoire en France
[La Documentation Française, coll. Les Études, Paris, 2016, 160 p., 14,90 €]
Cet ouvrage propose un rappel des origines de l’aménagement du territoire, puis une présentation de ses instruments. Les nombreux enjeux politiques, économiques, géographiques, sociaux et environnementaux de l’aménagement du territoire en France sont ensuite étudiés, en montrant combien ce chantier en constante évolution est porté à la fois par l’État et par des collectivités territoriales. La compréhension de la politique de l’État est complexifiée par la multiplication des agences et par la façon dont les règles fiscales sont périodiquement modifiées.
DE MONTBRIAL (Thierry) & MOREAU DEFARGES (Philippe) (Dir. de–) – RAMSES 2014
[Paris, Dunod, septembre 2013, 352 p., 30,40 €]
Le rapport annuel de l’Institut français des relations internationales (IFRI), intitulé RAMSES (Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies), consacre ses différentes parties aux grandes régions du monde : Europe, Monde arabe, Afrique, Asie et Amériques (au pluriel). Cela conduit à traiter, directement ou indirectement, différents aspects démographiques, comme la question des migrations intra-européennes, le rôle des jeunes dans les résultats des élections pakistanaises de mai 2013 ou les paradoxes du métissage au Brésil. Toutefois, comme chaque année, le Ramsès 2014 s’ouvre sur un thème spécifique, en l’espèce celui des “jeunes aujourd’hui”. Cela conduit cet opus à traiter de la politique migratoire européenne vis-à-vis des mineurs ou à s’interroger sur le rapport entre la jeunesse et la guerre en se demandant s’il y a davantage de conflits dans un monde jeune.
DESJARDINS (Xavier), DE GÉNEAU DE LAMARLIÈRE (Isabelle) (dir.) – L’aménagement du territoire en France
[La Documentation Française, coll. Les Études, Paris, 2016, 160 p., 14,90 €]
Cet ouvrage propose un rappel des origines de l’aménagement du territoire, puis une présentation de ses instruments. Les nombreux enjeux politiques, économiques, géographiques, sociaux et environnementaux de l’aménagement du territoire en France sont ensuite étudiés, en montrant combien ce chantier en constante évolution est porté à la fois par l’État et par des collectivités territoriales. La compréhension de la politique de l’État est complexifiée par la multiplication des agences et par la façon dont les règles fiscales sont périodiquement modifiées.
DIDELON (Clarisse), GRASLAND (Claude), RICHARD (Yann) (Dir. de–) – Atlas de l’Europe dans le monde
[Paris, La documentation Française, 2009, 260 p., 35,90 €]
S’appuyant sur une rigoureuse et claire cartographie (256 cartes), ce livre montre combien “la mondialisation va de pair avec la régionalisation”. Une des six parties se penche tout particulièrement sur les aspects démographiques, notamment par une métaphore de la composition par âge d’une population par une “galère démographique”. Le livre examine également l’évolution de la population active selon les territoires européens et s’interroge sur les personnes âgées en posant le questionnement suivant : “les vieux sont-ils plus jeunes ?”. Finalement, la situation de l’Union européenne dans le monde apparaît “beaucoup moins confortable” à l’analyse d’indicateurs plus appropriés. Elle impliquerait “une volonté stratégique se déployant sur de longues périodes de temps”.
DREES – L’état de santé de la population en France
[Paris, La documentation Française, 2008, 18,05 €]
Le rapport 2007 sur l’état de santé de la population en France propose de façon pédagogique une multitude d’indicateurs. Bien entendu, le rapport présente à la fois de bonnes nouvelles, avec la hausse de l’espérance de vie, mais aussi d’autres moins bonnes, comme l’importance de la consommation de cannabis chez les jeunes avec, dit le rapport, des risques croissants de “désinsertion scolaire et de troubles psychiatriques”.
DREVELLE (Matthieu) & EMANGARD (Pierre-Henri) – Atlas de la France périurbaine. Morphologie et desservabilité.[Éditions Economica, coll. Méthodes et Approches, novembre 2015, 224 p., 37,00 €]
Certes, le titre de ce livre reprend l’adjectif guère approprié “périurbain”, utilisé par l’Insee pour définir la France des territoires situés au delà des agglomérations, dont la morphologie est pourtant souvent rurale. Mais, par son contenu, il confirme combien cet adjectif est malvenu puisqu’il s’applique, de façon générique, à des territoires présentant pourtant une étonnante diversité géographique. L’excellente analyse, qui porte sur 70 agglomérations françaises provinciales, utilise 5 critères : l’intensité, la portée, l’hétérogénéité, le grain et la morphologie. Elle montre que si certains territoires peuvent être satellitaires, d’autres formes existent, linéaire ou dispersée. Le livre met en évidence une géographie régionale insoupçonnée, découpant la France en régions contrastées selon les grands axes cardinaux du pays. Il en résulte que la desserte par transport public de ces espaces exige une densité de réseau très variable : certains sont faciles à desservir, d’autres exigent un linéaire de réseau dispendieux rendant peu probable leur desserte intégrale par transport public.
DUBOURG (Philippe) – La réforme territoriale. La contagion technocratique.[Éditions Gascogne, coll. Essai, décembre 2015]
Par une sorte d’allégeance aux différents gouvernements, de droite ou de gauche, le Parlement français a multiplié ces dernières années des lois territoriales. L’auteur montre que ces lois ne sont pas seulement des modifications administratives, comme la nouvelle délimitation des régions et les intercommunalités souvent imposées, mais aussi, comme le précise le philosophe Marcel Gauchet dans un entretien en postface, les signes d’une « démocratie qui ne va pas bien ». Ce livre offre un décryptage passionnant des lois et de la façon dont les territoires les ressentent. À partir de ce dossier complet, chacun pourra se faire une juste raison. Une lecture indispensable pour tous les citoyens.
DUBRESSON (Alain) & VEYRET (Yvette) – 10 défis pour la planète
[Éditions Autrement, Paris, 2012, 157 p., 17,10 €]
Face au pessimisme ambiant sur l’avenir de l’humanité aux prises avec les changements climatiques, les besoins alimentaires, l’urbanisation ou la question des ressources, une approche géographique scientifique est bienvenue. Sans gommer les défis, des géographes reconnus apportent un éclairage essentiel pour comprendre la réalité et susciter des choix utiles pour l’avenir.
DUMONT (Gérard-François) – Manuel de Géographie CM1-CM2
[La Librairie des Écoles, Paris, 2016, 164 p., 16,50 €]
Officiellement, il s’agit d’un livre parfaitement clair, illustré de fort utiles cartes, figures et photos, conforme au programme de géographie des classes de CM1-CM2 de l’école primaire, désormais appelée école élémentaire. En réalité, c’est un livre de géographie pour tous les jeunes de 7 à 77 ans et même au delà, traitant de la France, de l’Europe et du monde.
DUMONT (Gérard-François) & VERLUISE (Pierre) – Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural.
[PUF, coll. Major, Paris, septembre 2016 (2e édition), 128 p., 26,00 €]
Ce livre présente une deuxième édition entièrement revue, mise à jour et complétée, notamment en prenant en compte le vote “Brexit” du 24 juin 2016. Les auteurs ont eu l’intelligence, au lieu d’ajouter simplement un chapitre sur le “Brexit”, de traiter cette question de façon transversale au fur et à mesure de l’analyse des différents paramètres de la géopolitique de l’Europe. Le livre ne manque pas de s’interroger sur l’avenir géopolitique de l’Union européennne grâce à neuf scénarios prospectifs.
DUMONT (Gérard-François) – Manuel de géographie CM1 – CM2
[La Librairie des Écoles, coll. Scolaire, Paris, 2012, 164 p., 15,68 €]
Comme l’indique son titre, ce livre est un “manuel de géographie” pour les élèves de CM1-CM2 de l’école primaire. Il traite toutes les questions du programme en combinant cartes, illustrations et de multiples photos. Il propose des études de cas pour comprendre : le port de Marseille, le centre tertiaire de La Défense, l’espace agricole en Guadeloupe, le tourisme balnéaire aus Sables d’Olonne… Tout est conçu pour le bonheur d’enseigner des professeurs d’école et pour le bonheur d’apprendre des élèves. Mais ce livre pourra aussi ravir les parents comme les grands-parents.
DUMONT (Gérard-François) – Diagnostic et gouvernance des territoires. Concepts, méthode, application.
[Armand Colin, coll. U, Paris, 2012, 304 p., 27,93 €]
Face aux enjeux de la mondialisation, de la décentralisation et du développement durable, savoir analyser un territoire, ce qui suppose de le comparer, est essentiel. Or, voici, comme le précise l’éditeur, le “premier manuel de diagnostic territorial”. Un livre indispensable, donc, qui contient en outre trois apports fondamentaux. D’abord, alors que la question de la gouvernance territoriale s’avère primordiale, cet ouvrage explique clairement en quoi elle consiste et la manière dont il faut la décrypter. En deuxième lieu, ce livre propose une application approfondie de la méthode de diagnostic comparatif qu’il applique à des villes françaises moyennes à dominante productive comme Amboise, Annonay, Pont-à-Mousson ou Vitré. Les résultats offrent des enseignements pouvant convenir à tout type de territoire. Enfin, ce livre offre de très nombreux exemples qu’il est aisé de retrouver grâce à un index géographique qui comprend plus de trois cents entrées permettant de sillonner nombre de villes et territoires français ou étrangers.
DUMONT (Gérard-François), avec CHALARD (Laurent), NESPOLA (Julien) et Population & Avenir – Géographie urbaine de l’exclusion
[L’Harmattan, Paris, 2011, 268 p., 24,70 €]
La géographie urbaine de l’exclusion fait face à deux questions : quelle méthode pour l’appréhender ? Quelle répartition spatiale de la pauvreté dans les villes ? Pour y répondre, ce livre crée d’abord un nouvel indice synthétique d’exclusion, agrégeant treize indicateurs issus de différentes sources. Ensuite, en appliquant cet indice aux grandes métropoles françaises, il montre les limites de la “gentrification”, terme qui désigne la réoccupation du centre des villes par des catégories socioprofessionnelles relativement aisées, après réhabilitation urbaine de quartiers dotés d’un cachet historique. Alors que la vision habituelle de la géographie de la pauvreté est celle d’un modèle européen (un centre-ville relativement aisé entouré de banlieues défavorisées), les métropoles françaises fonctionnent plutôt sur un modèle américain (un centre-ville dégradé avec une périphérie mieux lotie). Toutefois, il existe d’incontestables diversités spatiales de la pauvreté entre les agglomérations de Bordeaux, Lille, Lyon, Nice, Marseille et Toulouse. Les données et les nombreuses cartes proposées sont parlantes. Enfin ce livre explique en détail les facteurs de chaque géographie sociale urbaine. Démontrant le caractère centripète de la localisation des problèmes sociaux, ce livre, aux résultats originaux et frappants, fait date.
DUMONT (Gérard-François) – La France en villes
[Sedes CNED, coll. Coédition CNED/SEDES, Paris, 2010, 354 p., 25,17 €]
Cet ouvrage, dirigé par Gérard-François Dumont, décrypte d’abord la trame des villes en France après avoir précisé les différents concepts possibles pour la définir. Il met tout particulièrement en lumière combien cette France en villes commence le XXIe siècle dans un contexte de gouvernance fondamentalement nouveau. En effet, la décentralisation a contribué à une véritable révolution urbaine, jusqu’à faire des villes des acteurs économiques majeurs. Le livre démontre comment les différentes étapes de l’intercommunalité fondent une nouvelle géographie de la France en villes, tandis que la question du développement durable appelle un renouvellement des objectifs et des méthodes. Par ailleurs, il analyse les multiples recompositions qui s’effectuent à toutes les échelles. Le lecteur appréciera les nombreux encadrés, tableaux, figures et cartes, le lexique et un index géographique de plus de 450 entrées.
DUMONT (Gérard-François) et LE BRAS (Hervé) – Doit-on contrôler l’immigration ?
[Éditions Prométhée, coll. Pour ou contre ?, Bordeaux, 2009, 10,45 €]
Chaque semaine, les medias déversent des lots d’information sur les migrations : arrivée de migrants sur l’île italienne de Lampedusa, question de la “jungle” à Calais, rapport du Conseil de l’Europe demandant à la Turquie de mieux protéger les droits de l’homme des demandeurs d’asile, films sur la migration transsaharienne d’Africains, régularisation de personnes employées clandestinement en Italie… Comment se forger sa propre opinion ? Ce livre écrit sans tabous ni préjugés le permet en présentant le débat de référence sur l’immigration.
DUMONT (Gérard-François) (Dir. de–) et al. – Les métropoles régionales intermédiaires en France : quelle attractivité ?
[Paris, 2007, La documentation Française, 88 p. 11,40 €]
Unités urbaines comprises entre 200 000 et 500 000 habitants, les métropoles régionales intermédiaires se caractérisent par des fonctions dont le niveau ne présente pas un important rayonnement transnational. Néanmoins, elles disposent de nombreux atouts, leur taille limitant, par exemple, les “déséconomies” d’agglomération. Celles qui sont ici présentées – 7 capitales régionales – sont de taille comparable : Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Metz, Montpellier, Orléans et Rennes, sont toutes analysées selon des critères portant essentiellement sur la population et sur l’emploi. Un lexique et une bibliographie sélective accompagnent cette étude réalisée pour la DIACT (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires) par Population & Avenir, avec la collaboration de Laurent Chalard, sous la direction du recteur Gérard-François Dumont.
DUMONT (Gérard-François) – Démographie politique. Les lois de la géopolitique des populations.
[Paris, Ellipses, 500 p. 35,15 €]
L’analyse politique explique comment s’organisent et évoluent les pouvoirs dans les sociétés. La démographie examine leurs dynamiques de population. Or ces deux types d’étude sont en permanente interrelation, en géopolitique interne comme en géopolitique externe. Cela n’ayant jamais fait l’objet d’une démonstration systématique, après un quart de siècle de recherches, Gérard-François Dumont publie ce premier traité de démographie politique en recourant à la méthode expérimentale et en puisant dans l’histoire politique et géopolitique, contemporaine comme ancienne, des régions, des pays ou des continents. Il met en lumière, dans les interactions entre la démographie et la géopolitique, de nombreuses régularités qui le conduisent à énoncer les dix lois de la géopolitique des populations. Explicitées individuellement sous leurs différents aspects, certaines prennent une résonance nouvelle et exercent des conséquences inédites sous l’effet de changements contemporains, comme les logiques migratoires actuelles. Par des approches qualitatives et quantitatives et une grande clarté d’expression, Gérard-François Dumont propose une véritable somme qui se présente comme une avancée majeure pour la connaissance. Ce traité renouvelle et enrichit considérablement à la fois la science de la population et l’analyse géopolitique. Il offre en même temps une lecture nouvelle de la compréhension du monde. À une table des matières détaillée s’ajoute un index géographique qui renvoie aux nombreuses régions, pays ou villes référencés pour illustrer les dix lois de la géopolitique des populations.
DUMORTIER (Brigitte) & CADÈNE (Philippe) (dir. de–) – L’Inde : une géographie
[Armand Colin, coll. Horizon, Paris, octobre 2015, 416 p., 24,00 €]
Les différents aspects géographiques du second pays milliardaire en nombre d’habitants, l’Inde, demeuraient insuffisamment analysés dans les publications françaises. La parution de ce livre est donc essentielle. Cet ouvrage présente, à différentes échelles, à partir des dernières données disponibles et des recherches les plus récentes, les grands enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, politiques et stratégiques de ce grand pays émergent. Les contradictions et les paradoxes, les progrès spectaculaires et les retards persistants, les inégalités sociales et les disparités spatiales d’un pays en mutation sont analysées à partir de sources de première main par des auteurs alliant rigueur scientifique et souci didactique. Des textes clairs, étayés par de nombreux tableaux, graphiques et cartes, proposent une géographie de l’Inde des villes et des campagnes, des plaine et des montagnes, des littoraux et des espaces de l’intérieur. L’objectif est de mieux faire comprendre, au delà des idées reçues, les défis auxquels est confrontée cette grande démocratie.
DURANCE (Philippe) [Dir de–] – La prospective stratégique en action
[Editions Odile Jacob, coll. Economie, Paris, 2014, 190 p., 28,50 €]
Philippe Durance a réuni vingt-cinq contributeurs pour dresser le bilan de quarante ans de pratique de la prospective et esquisser des pistes pour l’avenir. Dans ce livre essentiel, sont particulièrement à noter les dimensions territoriale et urbaine, illustrées par des exemples.
EMANGARD (Pierre-Henri) & DREVELLE (Matthieu) – Atlas de la France périurbaine. Morphologie et desservabilité.
[Éditions Economica, coll. Méthodes et Approches, novembre 2015, 224 p., 37,00 €]
Certes, le titre de ce livre reprend l’adjectif guère approprié “périurbain”, utilisé par l’Insee pour définir la France des territoires situés au delà des agglomérations, dont la morphologie est pourtant souvent rurale. Mais, par son contenu, il confirme combien cet adjectif est malvenu puisqu’il s’applique, de façon générique, à des territoires présentant pourtant une étonnante diversité géographique. L’excellente analyse, qui porte sur 70 agglomérations françaises provinciales, utilise 5 critères : l’intensité, la portée, l’hétérogénéité, le grain et la morphologie. Elle montre que si certains territoires peuvent être satellitaires, d’autres formes existent, linéaire ou dispersée. Le livre met en évidence une géographie régionale insoupçonnée, découpant la France en régions contrastées selon les grands axes cardinaux du pays. Il en résulte que la desserte par transport public de ces espaces exige une densité de réseau très variable : certains sont faciles à desservir, d’autres exigent un linéaire de réseau dispendieux rendant peu probable leur desserte intégrale par transport public.
FARINELLI (Bernard) – Campagnes, l’alternative !
[Éditions libre et solidaire, septembre 2016, 276 p., 19,90 €]
À l’heure où, sous l’effet des dernières lois françaises, un nombre accru de communes rêvent de la désignation de “métropole”, ce livre pose indirectement une question essentielle : l’innovation territoriale serait-elle une exclusivité des plus grandes villes ? Au lieu d’apporter une réponse théorique à cette question, ce livre propose un voyage à travers la France pour montrer un fourmillement d’initiatives, d’où une dynamique de nombreux territoires ruraux : l'”écohameau” du moulin de Busseix, au sud de la Haute-Vienne, sur la commune de Ladignac- le-Long, la région d’Audruicq, dans le Pas-de-Calais, les espaces de travail partagé à Saint-Victor-de-Buthon (Eure-et-Loir) ou la renaissance de Les Voivres, dans les Vosges, retrouvant depuis 1990, après des décennies de dépeuplement, une croissance démographique et de l’emploi. Bref, les campagnes ont des idées et les mettent en œuvre. Il est donc permis d’escompter de meilleures complémentarités ville-campagne.
FELD (Serge) – Changements des structures par âge et populations actives
[Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve 2008, 294 p., 36,10 €]
Ce livre analyse d’abord les projections démographiques qui mettent en lumière un phénomène fondamental : en Europe, le nombre d’années vécues en situation de retraités va continuer à augmenter. Cela implique des modifications importantes des mécanismes du financement des revenus de remplacement des inactifs et de prise en charge des coûts de santé et de dépendance des personnes âgées. Puis il examine notamment trois éléments : la tendance à la réduction de la vie active qui s’est affirmée de manière concomitante avec l’allongement substantiel de la durée de vie ; l’augmentation du nombre des inactifs et le vieillissement des actifs ; l’impact du vieillissement démographique sur les catégories professionnelles. L’âge moyen des actifs de la plupart des professions a augmenté : les règles qui modèlent les flux d’entrée et de sortie dans les pyramides des âges des différentes catégories socioprofessionnelles devront évoluer.
FERRAS (Benjamin) & DAMON (Julien) – La sécurité sociale
[PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, septembre 2015, 126 p., 9,00 €]
La sécurité sociale se trouve au coeur de la vie quotidienne comme des grands équilibres économiques. La complexité de ses instruments et institutions déroute souvent jusqu’aux experts les plus aguerris. L’ampleur des masses financières qu’elle redistribue suscite de puissants débats : la sécurité sociale est-elle la locomotive du progrès et de la croissance, ou une entrave à la compétitivité ? Comprendre la place qu’occupe ce pan essentiel de la protection sociale, c’est analyser ses racines et ses évolutions depuis 1945. Ce livre éclaire également ses mécanismes et son organisation. Et il souligne les principaux défis qu’elle doit relever.
FUTURIBLES – Dynamique des flux migratoires
[Futuribles n° 343, Paris, juillet-août 2008, La documentation Française, 88 p. 17,10 €]
Ce numéro de la revue Futuribles se consacre à la question migratoire en se centrant sur la population de la France ou française à l’étranger. Dans son texte “immigration étrangère et développement local en France”, Gérard-François Dumont, après avoir présenté les deux approches principales pour analyser l’immigration étrangère et ses conséquences sur le développement territorial (source de richesse ou fardeau budgétaire), propose une analyse détaillée de l’immigration étrangère en France selon les régions. Puis Bernard Gentil dresse un portrait de la population française à l’étranger et de son augmentation, mais avec une répartition géographique modifiée. Michèle Tribalat démontre, au travers de comparaisons effectuées entre divers pays européens, combien les méthodes et définitions utilisées pour mesurer les phénomènes migratoires diffèrent. Xavier Thierry examine l’importance du défi statistique européen après l’adoption, en juillet 2007, d’un règlement européen. Alain Parant s’interroge et répond clairement à la question souvent posée des éventuelles pénuries de main-d’œuvre en France, et Jean-François Drevet traite de “l’Europe et l’immigration”.
GAUCHON (Pascal) – Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie
[PUF, coll. Major, Paris, 2011, 564 p., 46,55 €]
Un dictionnaire ne se résume pas ; il s’apprécie au fur et à mesure de la curiosité du lecteur. Ce dernier sera pleinement satisfait d’abord par la variété des thèmes retenus : les pays d'”Albanie” à “Zimbabwe” ; les notions d'”aide” à “zone grise” ; les zones de tension d'”Abkhazie” à “Ulster”. Ensuite, la trentaine de co-auteurs s’est appliquée à une méthode rigoureuse en trois temps pour chque entrée : définition, exposé des faits et problématique. Enfin, la géopolitique des populations n’est pas omise avec des entrées comme “diasporas” ou “peuplement”.
GAUCHON (Pascal) – Vive la France quand même ! Les atouts de la France dans la mondialisation.
[PUF, coll. Major, Paris, 2010, 432 p., 32,30 €]
Ce livre, pour nourrir le festival de géopolitique et de géoéconomie de Grenoble, part de l’idée suivante : la France se trouve-t-elle face à un inexorable déclin ? Pour répondre à cette question, l’ouvrage présente un large bilan de quelques thèmes essentiels : l’héritage de la puissance de la France, sa place dans le monde, son lien social, les points forts de son économie, les industries vertes, la recherche et l’innovation… et, bien entendu, sa population, avec le paradoxe entre un relatif dynamisme démographique et une vitalité insuffisante de l’emploi. Il montre objectivement les handicaps de la France, mais aussi ses atouts, d’où un titre qui pourrait être jugé provocateur mais qui résulte d’analyses argumentées.
GEORGES (Pierre-Marie) & BOURON (Jean-Benoît) – Les territoires ruraux en France.
[Ellipses Marketing, Paris, septembre 2015, 288 p., 29,00 €]
Dans ce livre très riche et très complet, la première partie, « des territoires ruraux en mutation », insiste notamment sur les dynamiques de peuplement et le fait que les territoires ruraux sont aussi des territoires productifs. Il est bien souligné que l’émigration rurale a fait long feu et que le rural connaît un renouveau démographique qui se traduit par une nouvelle sociologie de la population rurale. Certes, la « renaissance » rurale est contrastée, engendrant une ruralité recomposée. La seconde moitié du livre nous invite à voyager dans la diversité des ruralités de la France, sans oublier les campagnes des Outre-mer. Un livre essentiel.
GODET (Michel) & BOULY (Jean-Claude) (dir. de–) – Bonnes Nouvelles des Territoires. Grand Prix 2014
[Odile Jacob, coll. OJ. Économie, Paris, janvier 2015, 153 p., 18,00 €]
La France d’en haut est peut-être malade mais l’espoir de rémission se trouve dans ses territoires où partout fleurissent des initiatives économiques et sociales réussies, impertinentes et stimulantes. Elles donnent envie d’organiser la contagion des initiatives reproductibles pour relever la France par le bas. Oui, il est possible d’avoir 5 % de chômeurs et 40 % d’emplois industriels, comme dans le pays de Vitré. Oui, il est possible de mobiliser les habitants des quartiers Nord de Marseille autour de l’histoire archéologique de leur ville. Oui, le handicap est aussi une différence à “positiver”, et rien ne résiste à la force de la volonté et des projets partagés. Quand le rêve devient réalité, on reprend confiance en l’avenir. Tel est le message principal de ces 11 réussites sélectionnées parmi 120 projets présentés au Grand Prix des Bonnes Nouvelles.
GODET (Michel) – Libérez l’emploi pour sauver les retraites
[Odile Jacob, coll. Économie, Paris, 2013, 334 p., 20,90 €]
Ce livre est un cri de colère. Le chômage demeure très élevé, voire augmente, en France, avec des conséquences dramatiques : exclusion d’une partie de la jeunesse, alourdissement inexorable des dépenses publiques, difficulté à financer les retraites… Selon l’auteur, la France perpétue un “consensus sur le chômage” qui empêche de faire sauter les verrous de l’emploi. Tonique, percutant, ce livre dénonce, chifres à l’appui, les “exceptions françaises” que sont pour lui le temps de travail – trop faible – ou le coût du travail – dissuasif pour l’emploi. Comment revenir à 5 % de chômeurs ? Pour libérer l’emploi, il faut des dirigeants compétents, au service de l’intérêt général et capables de s’inspirer de ce qui marche déjà dans la “France d’en bas”. Et l’auteur de donner des exemples d’initiatives qui seraient à encourager et à systématiser.
GODET (Michel) Le courage du bon sens. Pour construire l’avenir autrement.
[Odile Jacob, 2007, 240 p., 20,80 €]
Pour formuler une série de propositions concrètes, Michel Godet a rassemblé une série d’analyses et de recommandations, tirées d’études fouillées et/ou de réactions à l’actualité. Ce sont donc des années d’observations et de suggestions qui sont ainsi compilées et actualisées par le célèbre prospectiviste, à qui la controverse ne fait pas peur. Pour faire sortir par le haut une France à croissance faible, à chômage élevé et à crainte prononcée à l’égard de l’avenir et de l’ouverture, Michel Godet avance un catalogue, particulièrement fourni, d’idées. Nous pourrons retenir, pour les débats, la familialisation de la CSG, l’inscription dans la Constitution du droit des générations futures, la non imposition des heures supplémentaires, la prise en compte des inégalités d’espérance de vie dans les systèmes de retraite, l’instauration de quotas d’immigrés par origine géographique et compétences, l’instauration d’une prime d’adhésion à un syndicat, l’obligation de trois ans d’expérience professionnelle privée avant tout concours à la fonction publique. Avec un ton alerte et une écriture imagée, le propos percutant fait souvent mouche.
GŒURY (David) & SIERRA (Philippe) – Introduction à l’analyse des territoires.
[Armand Colin, coll. Cursus, Paris, février 2016, 224 p., 16,90 €]
Cet ouvrage a pour objectif d’apporter les bases théoriques pour comprendre les phénomènes de territorialisation. Il en présente d’abord les quatre clefs de lecture classiques (géoenvironnementale, géoéconomique, géopolitique et géoculturelle) avant d’interroger les processus qui renouvellent la question territoriale (mondialisation, métropolisation et intégration régionale). Il conclut sur les pratiques des aménageurs à travers la question du rapport entre pouvoirs publics et territoires, et celle des outils et méthodes du diagnostic territorial. Chaque chapitre articule définitions, réflexion géohistorique, références scientifiques et grands débats contemporains tout en étant assorti d’une étude de cas afin de proposer des exemples diversifiés aux points de vue géographique et méthodologique.
GOLDMAN (Philippe), ALLAIN (Joël), SAULNIER (Jean-Pierre)
[Direction de –]
De la prospective à l’action. Quand un territoire se prend en main, Cher 2021.
[Apors, Bourges, septembre 2016, 15,00 €]
Existe-t-il un modèle spécifique de développement et d’innovation territoriales dans le contexte institutionnel et politique actuel du “big is beautiful” ? Si oui, la mobilisation des forces vives de ces territoires, la proximité des acteurs, porteurs de richesses humaines et de lien social fort, seront-elles suffisantes ? Ce livre se fonde sur une méthode concrètement mise en oeuvre dans un département. L’ouvrage est préfacé par Jean-Michel Baylet, le ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales. La postface, de Gérard-François Dumont, s’intitule : “Favoriser une meilleure gouvernance des territoires”.
GOLLAIN (Vincent) & BOURDEAU-LEPAGE (Lise) (dir.) – Attractivité et compétitivité des territoires : théories et pratiques.
[CNER (Conseil National des Economies Régionales), Paris, mai 2015, 205 p.]
Le terme “théories” figurant dans le sous-titre de ce livre pourrait rebuter : ça serait une erreur. En effet, les auteurs de la première partie, qui se veut théorique, illustrent leurs analyses par des exemples fort bienvenus. Puis les deux tiers du livre se fondent sur des exemples choisis à toutes les échelles : une infrastructure comme le viaduc de Millau, un grand équipement comme Iter (programme de recherche visant à maîtriser la fusion nucléaire qui pourrait être, dans le futur, une inépuisable source d’énergie) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une commune comme Saint-Omer (Pas-de-Calais), un département comme l’Essonne, une région comme Midi-Pyrénées. Tous ces exemples sont là pour témoigner combien tout territoire, quelle que soit sa dimension, peut être valorisé.
GOURÉVITCH (Jean-Paul) – La France en Afrique. Cinq siècles de présence : vérités et mensonges
[Acropole Belfond, 2008, 453 p., 17,01 €]
Sortant de l’alternative entre une présentation systématiquement négative du colonialisme français, ou d’un néocolonialisme consécutif aux indépendances, et d’une formulation insistant exclusivement sur les apports de la France, par exemple en matière sanitaire ou linguistique, l’auteur propose une synthèse fort documentée qui examine cinq siècles de présence de la France en Afrique. Tout en détaillant l’histoire contemporaine, Jean-Paul Gourévitch sait livrer une analyse de longue durée à la Fernand Braudel et livre en particulier une étude des traites négrières, arabo-islamique et atlantique.
GUESNIER (Bernard) & LEMAIGNAN (Christian)
[Dir. de–]
– Futurs des territoires – Hommage à Guy Loinger
[L’Harmattan, Paris, 2013, 248 p., 23,75 €]
Guy Loinger, mort en 2012, était un homme d’une vive intelligence, passionné des territoires. Il savait traiter dans un même élan à la fois du territoire, c’est-à-dire de la façon de le penser de façon générale, et des territoires, donc en considérant concrètement tel ou tel territoire spécifique qui pouvait être le Nord ou le Finistère. Cela l’a conduit à rédiger de nombreuses notes et textes, pour l’essentiel dispersés, même si demeure notamment, dans ses publications disponibles, le livre qu’il avait dirigé Développement des territoires et prospective stratégique, publié aux Editions l’Harmattan en 2006. Ses amis ont décidé de réunir un ensemble de textes qui permettent de retracer les activités, les références et les travaux du Guy Loinger. D’où ce livre fourmillant d’analyses et et de réflexions sur le devenir des territoires ou sur la prospective territoriale. Par exemple, l’analyse des défis territoriaux des évolutions démographiques du Limousin, sous l’angle du développement durable, est passionnante.
GUILLOU (Michel) & PHAN (Trang) – Francophonie et mondialisation
[Paris, Belin Littérature et revues , coll. Universitaire H, 2011, 350 p., 35,15 €]
La francophonie s’est enrichie de ce manuel qui met notamment en évidence la place de la langue française à l’échelle mondiale. Il n’omet pas de présenter l’histoire de l’aventure de la francophonie multilatérale. Ce livre essentiel comprend aussi un précieux index général.
GUILLUY (Christophe) – Le crépuscule de la France d’en haut
[Flammarion, Paris, coll. Essais, septembre 2016, 272 p., 16,00 €]
Christophe Guilluy livre une nouvelle et stimulante analyse. Celle-ci paraît au moment même où divers responsables ou intellectuels considèrent qu’il faudrait cesser de recourir aux référendums dans les démocraties. L’auteur assimilerait certainement ceux-là à cette “France d’en haut” dont il dénonce la politique qu’elle conduit. Il fustige donc les bénéficiaires de la mondialisation qui créent de nouvelles citadelles que sont les métropoles en se désintéressant d’une autre France, la “France périphérique”, dont les innovations ou les nouvelles solidarités n’intéressaient nullement la “France d’en haut”. Selon l’auteur, les réformes territoriales mises en oeuvre en 2015-2016, mais déjà initiées par des lois antérieures sous de précédents quinquennats présidentiels, bien qu’utilisant les termes d'”égalité des territoires”, viennent “conforter un développement inégalitaire”, donc un modèle économique et territorial qui ne fait pas société.
HAMELIN (Jean) & RAZEMON (Olivier) – La tentation du bitume
[Paris, Rue de l’échiquier, coll. Les Petits Ruisseaux, 2012, 160 p., 13,49 €]
On imagine l’inspiration qui a conduit au choix du titre de ce livre. Ce qu’analyse le contenu n’est pas une tentation mais une réalité que le sous-titre questionne à juste titre : « Où s’arrêtera l’étalement urbain ? ». Les auteurs décrivent avec brio les faits en parlant des « croqueurs de terre » que nous sommes, en acceptant une surconsommation urbaine de l’espace rural. Les enjeux, dont le prix à payer, sont nombreux. Il faut donc chercher des solutions, avec la ville compacte. Les auteurs précisent que la qualité de l’environnement de la ville n’a souvent rien à envier, bien au contraire, au terme de l’étalement urbain. Et leur dernier argument est démographique : « les vieux, une chance pour la ville dense ». D’où leur phrase ultime : « le vieillissement annoncé de la population apparaît comme un facteur supplémentaire de retour vers la ville dense ». Après cette conclusion, le livre se termine par sept conseils pratiques pour « améliorer la ville soi-même » et un test.
JOLLY (Jean) – L’Afrique et son environnement européen et asiatique
[Paris, L’Harmattan, 2008, 167 p., 37,05 €]
Précieux aide-mémoire qui replace l’histoire de l’Afrique dans l’histoire universelle, l’atlas de Jean Jolly est précis, bien documenté et facile à lire. Les 50 cartes en couleurs, commentées par des légendes claires et fournies, montrent l’évolution comparée de l’Afrique, avec l’Europe et l’Asie, des origines à nos jours. Tout en fournissant une introduction à l’histoire de l’Afrique, ce livre donne des clefs pour comprendre les événements actuels. Un ouvrage de référence.
KANTÉ (Seydou) – La géopolitique de l’émigration sénégalaise en France et aux États-Unis
[L’Harmattan, coll. Études africaines, Paris, 2014, 308 p., 31,50 €]
L’émigration sénégalaise se caractérise d’abord par son importance quantitative : environ 3 millions de Sénégalais vivraient à l’étranger, aidant le plus souvent financièrement leurs parents restés au pays. Depuis les années 1960, le nombre de Sénégalais installés durablement à l’étranger ne cesse d’augmenter, tandis que l’origine géographique des émigrés concerne désormais l’ensemble des régions sénégalaises. Et, pour nombre de Sénégalais habitant dans leur pays de naissance, l’émigration est le but central de toute une vie. Ce livre montre que les déterminants de l’émigration sénégalaise additionnent facteurs migratoires classiques et nouvelles logiques migratoires. L’auteur combine connaissance des données et enquêtes de terrain pour livrer notamment une comparaison édifiante entre l’immigration sénégalaise en France et aux États-Unis. Une lecture impérative pour comprendre les migrations internationales.
KEMPF (Olivier) – Géopolitique de la France. Entre déclin et renaissance
[Paris, 2012, Technip, coll. Géopolitiques, 220 p., 23,75 €]
Ce livre ainsi sous-titré (Entre déclin et renaissance) analyse la géopolitique de la France en quatre parties. La première, historique, présente la construction de la France, en soulignant la fonction spécifique de Paris. La deuxième partie s’intéresse aux “structures françaises”, dont celles de nature démographique. La troisième partie examine les relations entre la France, ses voisins, l’Europe, ses anciennes colonies et le reste du monde. Enfin, la quatrième traite de l’action extérieure de la france, dans les domaines militaire comme diplomatique.
KRÖNERT (Steffen), HOSSMANN (Iris), KLINGHOLZ (Reiner), KARSCH (Margret), KÖHNCKE (Ylva), PIETSCHMANN (Catharina), SÜTTERLIN (Sabine) – Europe’s demographic future. Growing regional imbalances
[The Berlin Institute for Population and Development, 2008, 368 p., 30,11 €]
Contrairement à son habitude, Population & Avenir souhaite présenter à ses lecteurs un livre publié en anglais par l’Institut de Berlin pour la Population et le Développement. En effet, ce livre propose d’excellentes monographies, illustrées par des cartes et de graphiques, de chaque pays d’Europe, ainsi qu’une éclairante synthèse.
La Documentation française – La mer Noire, espace stratégique
[La Documentation française, coll. Questions internationales n° 72, Paris, mars 2015, 128 p., 10,00 €]
Centré sur la mer Noire, ce numéro analyse notamment sa géographie culturelle à travers la mythologie identitaire et les migrations internationales. Il faut tout particulièrement retenir un texte d’analyse géopolitique utilisant finement les paramètres démographiques sous le titre “Vers un déclin du poids et de l’influence de l’Union européenne dans le monde”.
LAFAY (Gérard) – L’épopée de l’Europe va-t-elle se poursuivre ?
[Economica, Paris, 91 p., 12,35 €]
Partant de l’histoire de l’Europe depuis le XVe siècle, l’auteur compare les cinq siècles à une véritable épopée en raison du “dynamisme scientifique, artistique et philosophique” succédant à la Seconde Guerre mondiale, et de “l’effondrement général du communisme”. Une épopée avec aussi beaucoup de contrepoints, comme la Première Guerre mondiale, le “pacte diabolique d’Hitler et de Staline” ou “l’implosion démographique”. Le dernier chapitre propose “les conditions de poursuite de l’épopée”. Même s’il ne vise pas à faire l’unanimité, un livre qui nourrit grandement la réflexion.
LASSALLE (Didier) – L’intégration au Royaume-Uni. Réussites et limites du multiculturalisme
[Éditions Ophrys, collection Angles vifs, Paris, 2009, 142 p., 17,10 €]
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni a conduit, au moins jusqu’aux attentats de Londres de 2005, une politique d’intégration fondée sur des principes “d’acclimatation des minorités ethniques”, pour reprendre le formule de l’auteur, presque radicalement différente de celle de la France. Cet ouvrage expose les réussites, les limites, mais aussi les évolutions de cette politique, en présentant notamment la démographie des “communautés ethniques minoritaires” et les théories et pratiques du contrôle des flux migratoires, des relations interethniques et de l’intégration. Il analyse enfin le nouveau concept de la politique britannique, celui de “cohésion sociale” (Community cohesion).
LAULAN (Yves-Marie), DUPÂQUIER (Jacques), ARMOGATHE (Jean-Robert), DUMONT (Gérard-François) – L’avenir démographique des grandes religions
[Paris, François-Xavier de Guibert, 2005, 188 pages, 19 €]
Contrairement à la formule de Nietzsche, Dieu n’est pas mort ! Qu’elle soit au service de la paix, du lien social ou, au contraire, détournée à des fins belliqueuses, la religion reste un fait géopolitique majeur à toutes les échelles géographiques. Les personnalités mondiales présentes à la messe d’enterrement de Jean-Paul II ont témoigné qu’il était impossible de nier le rôle diplomatique du Saint-Siège. Dans de nombreux pays, comme la Malaisie, l’Inde, le Soudan, le Nigeria, l’Irak…l’équilibre politique dépend des équilibres religieux. C’est pourquoi il est important de s’intéresser à la géographie des religions et d’examiner ses interrelations avec les questions culturelles, économiques ou sociales. Ce livre essentiel propose notamment, dans un important chapitre rédigé par Gérard-François Dumont, des perspectives totalement inédites de la géographie des religions dans le monde pour 2050.
LAZAR (Marius) & BERTHELOT (Pierre) – L’Irak : d’une crise à l’autre
[L’Harmattan, coll. Orients Stratégiques n° 2, Paris, juillet 2015, 228 p., 24,50 €]
Puisque nombre des problèmes posés par la géopolitique actuelle de la Mésopotamie, dont la présence de l’organisation “État Islamique”, ont des germes en Irak, le numéro 2 de cette revue a choisi de traiter de ce pays. En effet, le renversement de la dictature de Saddam Hussein par les États-Unis, aidés du Royaume-Uni, a radicalement modifié les réalités politiques, sociales et sécuritaires de l’Irak. Loin de devenir le bastion, annoncé par les stratèges néoconservateurs américains, de la démocratie et de la stabilité dans la région, le pays est au bord de la fragmentation ethno-confessionnelle. Les aspects liés à la géopolitique des populations sont notamment traités avec un chapitre intitulé “L’Irak face à sa diversité ethnico-religieuse”.
LE BRAS (Hervé) et DUMONT (Gérard-François) – Doit-on contrôler l’immigration ?
[Éditions Prométhée, coll. Pour ou contre ?, Bordeaux, 2009, 10,45 €]
Chaque semaine, les médias déversent des lots d’information sur les migrations : arrivée de migrants sur l’île italienne de Lampedusa, question de la “jungle” à Calais, rapport du Conseil de l’Europe demandant à la Turquie de mieux protéger les droits de l’homme des demandeurs d’asile, films sur la migration transsaharienne d’Africains, régularisation de personnes employées clandestinement en Italie… Comment se forger sa propre opinion ? Ce livre écrit sans tabous ni préjugés le permet en présentant le débat de référence sur l’immigration.
LÉGER (Jean-François) [Coordin. de–] Cahiers de démographie locale 2012 – Les villes moyennes
[Néothèque Éditions, Strasbourg, 2014, 324 p., 15,00 €]
Ce nouveau Cahier de démographie locale s’interroge sur l’avenir des villes moyennes. Dans ce dessein, après une analyse fine des effets des processus territoriaux en cours sur les villes moyennes et un examen du peuplement de leur centre-ville, le Cahier nous plonge dans des exemples français, belges ou africains. Nous découvrons comment il est possible de penser les contours géographiques de Béthune (Pas-de-Calais), les deux niveaux d’approche de Voiron (Isère), les spécificités des villes moyennes d’Alsace et de Wallonie, les évolutions des villes sahariennes du Sud-Ouest algérien ou des villes moyennes du Togo. Un Cahier très riche à découvrir sur des territoires souvent méconnus.
LEMAIGNAN (Christian) & GUESNIER (Bernard) [Dir. de–] – Futurs des territoires – Hommage à Guy Loinger
[L’Harmattan, Paris, 2013, 248 p., 23,75 €]
Guy Loinger, mort en 2012, était un homme d’une vive intelligence, passionné des territoires. Il savait traiter dans un même élan à la fois du territoire, c’est-à-dire de la façon de le penser de façon générale, et des territoires, donc en considérant concrètement tel ou tel territoire spécifique qui pouvait être le Nord ou le Finistère. Cela l’a conduit à rédiger de nombreuses notes et textes, pour l’essentiel dispersés, même si demeure notamment, dans ses publications disponibles, le livre qu’il avait dirigé Développement des territoires et prospective stratégique, publié aux Editions l’Harmattan en 2006. Ses amis ont décidé de réunir un ensemble de textes qui permettent de retracer les activités, les références et les travaux du Guy Loinger. D’où ce livre fourmillant d’analyses et et de réflexions sur le devenir des territoires ou sur la prospective territoriale. Par exemple, l’analyse des défis territoriaux des évolutions démographiques du Limousin, sous l’angle du développement durable, est passionnante.
LEMAIGNAN (Christian) – Pensées pour le futur de nos territoires. De la société de la connaissance à une nouvelle civilisation dans nos territoires
[L’Harmattan, Paris 2010, 183 p., 16,63 €]
La crise financière débutée en 2008, par son ampleur et ses prolongements en crise économique et sociale, est la manifestation d’une rupture profonde. Dès lors, la reconnaissance du territoire comme concept fondateur d’un nouveau développement met en avant le rôle primordial, majeur, incontournable de la société locale faisant appel à la créativité, la capacité d’invention et d’organisation de ses membres. Il s’agit de prendre en compte et de s’approprier de nouveaux rapports de notre société à l’espace, à l’immédiateté, au temps long, à l’environnement, à la nature, à la biodiversité, à la connaissance et à sa circulation, etc., ce qu’aucune instance supranationale ne peut garantir de maîtriser. C’est pourquoi, si son ambition est plus modeste, ce livre offre une recension très riche de travaux récemment produits et de réflexions conduites par une quinzaine de scientifiques incontournables pour leur rapport au débat actuel sur la stratégie à adopter pour un monde idéal.
LENSEL (Denis) et BICHOT (Jacques) – Atout famille
[Presses de la Renaissance, Paris 2007, 292 p., 19,00 €]
Ce livre montre d’abord le rôle que joue la famille au niveau matériel, dans la vie affective, dans le développement des enfants, dans le sens de la vie en général et du travail en particulier. Ses dysfonctionnements eux-mêmes, par la gravité de leurs conséquences, le prouvent. Puis les auteurs démontrent que la famille tient une place essentielle dans la société. Car si la République, la religion, l’école, ont perdu de leur pouvoir intégrateur, la famille, elle, est aujourd’hui un instrument de liberté. Sa position dans le fonctionnement de l’économie est centrale, comme unité de consommation, et comme productrice du facteur de production le plus important : l’Homme. Selon ce livre, la famille ne répond pas toujours à l’espoir que l’homme met en elle. Mais, comparée aux autres institutions, elle ne se débrouille pas mal du tout !
MAZEAUD (Pierre) – – Pour une politique des migrations transparente, simple et solidaire
[La documentation Française, collection Rapports officiels, Paris, 2008, 13,30 €]
Instaurer des quotas d’immigration, unifier le contentieux des étrangers : est-ce possible ? Est-ce utile et dans quels buts ? Telles étaient les pistes de travail confiées à la Commission de réflexion présidée par Pierre Mazeaud, sur le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d’immigration. La Commission a étendu sa réflexion à celle du contentieux des étrangers et aux réformes des procédures destinées à simplifier ce droit et à le rendre plus effectif. Dans cet esprit – et pour chacun des sujets traités – la Commission présente ses recommandations. Les contributions des membres de la Commission portent notamment sur “le cadre juridique de la politique d’immigration”, “les sophismes migratoires et la République” ou “les nouvelles logiques migratoires au XXIe siècle”.
MÉRAUD (Jacques) – Réinventer la croissance
[Paris, L’Harmattan, 2007, 243 p., 21,38 €]
Face au constat d’une France économiquement inquiète, celui qui a été jugé par Alfred Sauvy comme aux “tout premiers rangs des économistes mondiaux” nous offre son analyse. Il dresse un tableau très solide à partir duquel il présente les pistes d’action visant à balayer le pessimisme économique français.
MERLIN (Pierre) – L’exode urbain
[Paris, La documentation Française, 2009, 176 p., 13,77 €]
L’expression employée dans le titre de ce livre est discutable car il ne s’agit ici ni de populations fuyant des villes où des groupes armés feraient régner la terreur, ni de villes subissant une terrible catastrophe naturelle, comme la Nouvelle-Orléans en 2005 ou Port-au-Prince en janvier 2010. En revanche, le contenu du livre, qui étudie les migrations qui s’effectuent en France vers les couronnes des pôles urbains ou vers certains espaces à dominante rurale est pertinent. L’auteur fait preuve du talent pédagogique qu’on lui connaît. Il ne faut néanmoins pas en conclure que les pôles urbains sont en dépeuplement car la majorité d’entre eux gagne des habitants.
MONTENAY (Yves) & SOUPART (Damien) La France face à la mondialisation. Le français méprisé mais adopté
[Les Belles Lettres, Paris, février 2015, 352 p., 25,00 €]
Ce livre analyse la situation de la langue française en France et dans le monde. Le français est à la fois méprisé par une partie des élites et adopté à l’étranger, notamment par les masses africaines. Mais cette adoption est menacée par des pressions politiques et économiques. Ce livre est original sur trois points : – l’analyse du rôle des entreprises, vecteurs de l’anglais en France, et du français dans les pays étrangers où elles s’implantent ; – les processus à l’oeuvre en Afrique ; – l’absence de stratégie linguistique tant du gouvernement français que de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), qui disperse ses forces en tentant d’incarner une seconde ONU.
MONTENAY (Yves) (coordination) – Vous avez dit francophonie ?
[Paris, Les Cahiers de l’Orient n° 103, automne 2011, 17,10 €]
La géographie linguistique est un élément essentiel de compréhension de la géopolitique des populations. Aussi la lecture de ce numéro des Cahiers de l’Orient est-elle importante. Et elle donne envie de penser les francophonies au pluriel. En effet, les différents articles montrent excellemment comment la francophonie se vit et évolue diversement selon les pays. Effectivement, la francophonie se trouve dans une situation institutionnelle fondamentalement différente selon que l’on considère la Suisse, le Liban ou le Canada. Et son évolution est diverse y compris au sein d’une même région comme le Maghreb.
MONTENAY (Yves) – Retraites, familles et immigration en France et en Europe
[Paris, L’Harmattan, 2006, 15,20 €]
S’inspirant d’une lecture attentive, effectuée au fil des années, des spécialistes français internationalement reconnus des questions démographiques (Alfred Sauvy, Évelyne Sullerot, Gérard-François Dumont…), Yves Montenay propose un ouvrage de vulgarisation pour mieux éclairer l’opinion publique. Partant d’un certain nombre de constats sur les retraites, les questions familiales et l’immigration en France et en Europe, il débouche sur des propositions. Par exemple, sur les retraites, le livre montre que voici 30 ans qu’on voit venir le problème. Beaucoup de responsables (politiques, syndicalistes, patrons des caisses de retraites) ont juré que les cotisations permettraient automatiquement de s’arrêter à l’âge prévu et d’avoir le niveau de vie promis. Mais le lien avec la famille a été escamoté, avec des arguments idéologiques déconnectés de la réalité, dont le livre donne les exemples. Quant aux « réformes » entreprises, elles sont incomplètes. Par exemple, osera-t-on toucher aux plus privilégiés qui coûtent cher au système alors qu’ils cotisent moins, moins longtemps et ont des retraites plus élevées ? Concernant l’immigration, le livre considère que les hommes politiques sont pris entre angéliques, racistes et inquiets, et s’enfoncent dans les contradictions. Puis l’ouvrage propose des remèdes en matière de politique familiale, de refonte du calcul des retraites et travail des seniors et d’immigration. L’auteur considère que, qu’il s’agisse des « anciens » ou des immigrés, la solution la plus simple est de travailler plus. Car travailler plus, comme travailler mieux, crée des emplois ! Un essai roboratif qui fera aussi grincer des dents, mais qui secoue très utilement les neurones.
MONTENAY (Yves) (Préface d’Antoine Sfeir) – La langue française face à la mondialisation
[Paris, Les Belles Lettres, 2005, 321 pages, 18,05 €]
Sans omettre les aspects quantitatifs de la question, ce livre replace la langue française dans son contexte historique et géographique. Une première partie retrace la longue histoire d’une langue qui devint internationale avant de subir le « basculement démographique mondial ». Les questions posées par le « tout anglais » font ensuite l’objet de la deuxième partie. La troisième partie est la plus géographique, avec un tour du monde de la langue française. Un livre important sur la langue française et ses perspectives.
MOREAU DEFARGES (Philippe) & DE MONTBRIAL (Thierry) (Dir. de–) – RAMSES 2014
[Paris, Dunod, septembre 2013, 352 p., 30,40 €]
Le rapport annuel de l’Institut français des relations internationales (IFRI), intitulé RAMSES (Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies), consacre ses différentes parties aux grandes régions du monde : Europe, Monde arabe, Afrique, Asie et Amériques (au pluriel). Cela conduit à traiter, directement ou indirectement, différents aspects démographiques, comme la question des migrations intra-européennes, le rôle des jeunes dans les résultats des élections pakistanaises de mai 2013 ou les paradoxes du métissage au Brésil. Toutefois, comme chaque année, le Ramsès 2014 s’ouvre sur un thème spécifique, en l’espèce celui des “jeunes aujourd’hui”. Cela conduit cet opus à traiter de la politique migratoire européenne vis-à-vis des mineurs ou à s’interroger sur le rapport entre la jeunesse et la guerre en se demandant s’il y a davantage de conflits dans un monde jeune.
MORINIAUX (Vincent)[Dir. de–], CHAPUIS (Amandine), DELÉPINE (Samuel), DUMONT (Gérard) – Les mobilités
[Sedes – Coll. Pour les concours, Paris 2010, 226 p., 25,46 €]
Ce livre essentiel fait une large place à la dimension épistémologique, tout en étant écrit dans un style qui le rend accessible. Analysant les modèles susceptibles d’expliquer les migrations internationales, il montre combien il convient de les écarter, tant champs et systèmes migratoires sont variés et complexes. Les migrations internationales passent d’une logique radiale à une logique davantage réticulaire et le réchauffement planétaire inaugure des flux d’un nouveau genre. L’exemple du Sénégal montre d’une façon détaillée combien les flux entre les pays du Sud sont souvent aussi importants que les flux vers les pays développés. Les migrations intérieures connaissent aussi d’importantes évolutions. En France comme aux États-Unis, l’émigration rurale est quasiment terminée. Les flux sont aujourd’hui pour l’essentiel interurbains. Mais le triomphe de l’automobile conduit à repenser l’urbanité même et l’avenir du rural profond. Dans une troisième partie, le livre traite de façon talentueuse les migrations sociales en livrant quelques exemples.
MORINIAUX (Vincent) – La géographie est un jeu
[J’ai Lu – Coll. Librio Mémo, Paris 2007, 93 p., 1,90 €]
L’auteur propose de jouer à la géographie en parcourant la France en dix chapitres. Après la découverte du “bel Hexagone”, du relief et du climat, on retrouve les Françaises et les Français dans leur ensemble ou dans leur répartition géographique entre villes et campagnes. Mais on sort aussi de l’Hexagone dans le dernier chapitre sur la France dans le monde. Une visite de la France en s’amusant.
NONJON (Alain) (dir. d’–) – Grands débats d’aujourd’hui
[Ellipses Marketing, Paris 2009, 810 p., 37,05 €]
Alain Nonjon a réuni 42 auteurs pour un véritable tour planétaire des grands débats d’aujourd’hui et livre un ouvrage indispensable dans toute bibliothèque. Ce livre n’omet pas de traiter en quatre questions le vieillissement de la population, phénomène central du XXIe siècle. Après une claire et indispensable définition de la nature du vieillissement et de ses facteurs, le questionnement s’élargit pour une meilleure compréhension de la problématique. Il s’agit d’abord de revisiter la signification de la formule due au plus grand démographe du XXe siècle, Alfred Sauvy (1898-1990) : “Croître ou vieillir, il faut choisir !”. Puis la démonstration du caractère inédit du vieillissement de la population au XXIe siècle est clairement démontrée, d’autant qu’il convient de le considérer à différentes échelles. L’analyse décrypte ensuite la réponse au vieillissement souvent proposée : l’immigration. Enfin, à l’heure où la montée de la Chine est si présente dans les médias, faut-il voir dans la rapidité du vieillissement de sa population son talon d’Achille ?
OCDE – Perspectives des migrations internationales
[Sopemi-Edition, Paris 2006, 343 p., 75,05 €]
Le changement de nom de l’édition annuelle de l’OCDE, auparavant titré (trop) modestement « Tendances des migrations internationales », affirme surtout l’importance que cette organisation veut porter à des questions d’une intensité croissante. Le rapport comprend une première partie intitulée « tendances récentes des migrations internationales » présentant l’évolution des flux migratoires, la situation des immigrés sur le marché du travail et un panorama des politiques migratoires. Outre une partie indiquant par pays les récents développements des mouvements et des politiques migratoires, et une importante annexe statistique, ce rapport présente une étude sur la question des quotas et une seconde sur les transferts de fonds internationaux.
OLLIVRO (Jean) – La machine France
[Éditions du Temps, Nantes, novembre 2006, 252 p., 16,15 €]
Fort de ses vastes connaissances géographiques et d’une longue réflexion, Jean Ollivro livre un magnifique essai. Il montre d’abord les failles de la devise de la République “liberté, égalité, fraternité”, dont la traduction concrète produit souvent le contraire, avec des fractures, des divisions et des inégalités sociétales et territoriales. Puis il montre combien un jacobinisme idéologique et étroit nourrit ces injustices. D’où la nécessité de remèdes qui se résument à davantage de démocratie. La réflexion géographique débouche ainsi sur un véritable projet politique, au sens le plus noble du terme.
PAQUOT (Thierry) & DAMON (Julien) – Les 100 mots de la ville
[PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, 2014, 128 p., 9,00 €]
Les 100 mots de la ville sont déclinés par ordre alphabétique au sein de cinq thèmes différents, traitant de la définition et de la délimitation des villes, de leur aménagement, de la façon d’y vivre, de leurs gestion et administration ainsi que de la mobilité dans les villes. Un sixième plonge dans des villes particulières, de Babylone à Dubaï, en passant par Tokyo ou par les villes moyennes. Dans le nombre de pages réduit de ce type de collection, les auteurs parviennent à ne rien omettre d’essentiel puisqu’ils traitent aussi de ces urbains que sont par exemple les SDF, les touristes ou les bonobos. Un fort instructive et agréable promenade urbaine.
PAUTET (Arnaud) (coord.) – Moyen-Orient. Chaos et recomposition
[Ellipses , coll. 50 fiches de géopolitique, Paris, juin 2015, 192 p., 16,00 €]
La phrase du général de Gaulle est bien connue : “Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples” (Mémoires de guerre, T. 1, L’Appel, chap. L’Orient). Or, ce livre permet justement de décrypter ce Moyen-Orient compliqué. Dans ce dessein, après une présentation générale, il analyse tous les aspects concernant les populations de ces régions, dont les minorités ethniques, linguistiques et religieuses. Dans sa partie géopolitique, l’ouvrage n’omet pas de présenter, à la suite des différents pays, l’organisation État islamique. Et, puisqu’il est impossible de comprendre une région sans étudier ses rapports avec le reste du monde, le livre examine l’évolution de la présence au Moyen-Orient des États-Unis, de la Chine ou des Européens. L’examen des tensions traite notamment des défis urbains. Ce livre essentiel se termine en proposant des sujets sous une forme qui est, comme le reste de l’ouvrage, très pédagogique.
PHAN (Trang) & GUILLOU (Michel) – Francophonie et mondialisation
[Paris, Belin Littérature et revues , coll. Universitaire H, 2011, 350 p., 35,15 €]
La francophonie s’est enrichie de ce manuel qui met notamment en évidence la place de la langue française à l’échelle mondiale. Il n’omet pas de présenter l’histoire de l’aventure de la francophonie multilatérale. Ce livre essentiel comprend aussi un précieux index général.
POIRIER (Philippe) – Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle
[Lethielleux , coll. CCC Bernardins, 2013, 25,07 €]
Parmi la douzaine de communications fort enrichissantes de ce livre, retenons ici le chapitre sur les politiques migratoires. Outre une analyse des questions posées par le droit internationale à l’émigration, il met en évidence la diversité des droits à l’émigration selon les régions du monde et les droits très variables des migrants selon les pays. L’analyse débouche sur six propositions.
RAZEMON (Olivier) – Comment la France a tué ses villes.
[Paris, Rue de l’échiquier, coll. Diagonales, octobre 2016, 208 p., 18,00 €]
Ce livre se penche essentiellement sur les villes moyennes et petites que l’auteur a visitées pour conclure à leur dévitalisation. Parcourant la France à Calais, Agen, Le Havre, Landerneau, Avignon, Lunéville, etc., l’auteur montre avec précision combien le choix français favorisant de façon excessive la grande distribution en périphérie engendre deux conséquences néfastes. D’une part, elle concourt non seulement à tuer des commerces du centre-ville et des quartiers anciens, mais à diminuer les emplois de proximité : les préfectures et sous-préfectures montrent des vitrines vides et sombres, des façades aveugles, des stores métalliques baissés. D’autre part, la voiture individuelle est indispensable mais occupe de l’espace et génère bruit et pollution. Pourtant, l’auteur considère qu’il faut sauver les villes et propose des pistes dans ce sens.
RAZEMON (Olivier) & HAMELIN (Jean) – La tentation du bitume
[Paris, Rue de l’échiquier, coll. Les Petits Ruisseaux, 2012, 160 p., 13,49 €]
On imagine l’inspiration qui a conduit au choix du titre de ce livre. Ce qu’analyse le contenu n’est pas une tentation mais une réalité que le sous-titre questionne à juste titre : « Où s’arrêtera l’étalement urbain ? ». Les auteurs décrivent avec brio les faits en parlant des « croqueurs de terre » que nous sommes, en acceptant une surconsommation urbaine de l’espace rural. Les enjeux, dont le prix à payer, sont nombreux. Il faut donc chercher des solutions, avec la ville compacte. Les auteurs précisent que la qualité de l’environnement de la ville n’a souvent rien à envier, bien au contraire, au terme de l’étalement urbain. Et leur dernier argument est démographique : « les vieux, une chance pour la ville dense ». D’où leur phrase ultime : « le vieillissement annoncé de la population apparaît comme un facteur supplémentaire de retour vers la ville dense ». Après cette conclusion, le livre se termine par sept conseils pratiques pour « améliorer la ville soi-même » et un test.
ROBERT (Jacques) – Le territoire européen. Des racines aux enjeux globaux.
[In Libro Veritas, 2011, 340 pages, 28,50 €]
Alors que l’Union européenne traverse de grandes difficultés, ce livre montre utilement que l’union de l’Europe n’est pas une lubie contemporaine. Certes, la compréhension du territoire européen actuel appelle l’analyse des décisions d’intégration territoriale prises ces dernières décennies par les instances européennes, par des acteurs locaux qui promeuvent des coopérations, dont celles transfrontalières, par les acteurs économiques et par les choix en matière de transport. Mais Jacques Robert montre aussi qu’elle nécessite de prendre en compte ses racines historiques. L’unité du territoire européen tient à la richesse de la diversité des territoires européens, territoires s’organisant selon des armatures urbaines fort dissemblables, par exemple entre la France et l’Allemagne, et selon des territoire ruraux de plus en plus hétérogènes. Ce livre, qui traite aussi des systèmes productifs, est un précieux approfondissement de la réalité géographique européenne.
ROBINET (Arnaud) & BICHOT (Jacques) – La mort de l’État-providence
[Manitoba-Les Belles Lettres, coll. Entreprises et société, Paris, 2013, 178 p., 18,53 €]
Pour susciter une compréhension pédagogique du besoin d’assurances sociales, ce livre propose un titre que certains jugeront provocateur. Mais n’est-ce pas la meilleure voie pour se contraindre à analyser lucidement des réalités essentielles et innover hardiment ? En particulier, ce livre montre excellemment pourquoi il faut en particulier rompre avec le mensonge qui fait des cotisations vieillesse la cause juridique des droits à pension, car payer la retraite des aînés ne prépare en rien celle de la population active : celle-ci dépend des enfants mis au monde et de leur éducation. Un livre courageux et salvateur.
ROQUES (Georges) – Paradoxes en Languedoc-Roussillon. Une région surfaite ?
[Cairn, Pau, 2010, 20 pages, 19,00 €]
Les formules laudatives de marketing territorial n’ont pas manqué ces dernières années, à l’exemple du fameux “Montpellier la surdouée”. Mais quelle réalité se cache derrière ce type de formule ? Ce livre propose un bilan raisonné, réfléchi et équilibré, du passif et de l’actif d’une région souvent vantée, le Languedoc-Roussillon. S’appuyant sur l’exemple d’un territoire régional, il montre tout l’intérêt de dresser des diagnostics objectifs afin de favoriser pour demain des gouvernances adaptées. Il invite aussi à aller plus loin dans la connaisssance infrarégionale.
ROQUES (Georges) – Décrypter le monde d’aujourd’hui. La crise de la géographie
[Paris, Autrement, 2006, 205 pages, 18,05 €]
Il n’est pas possible d’écouter un média sans prendre conscience de la place considérable des lieux et des réalités géographiques dans l’actualité quotidienne. Pourtant, l’image de la science géographique n’est pas au zénith et sa place dans l’enseignement secondaire, comme dans l’enseignement supérieur, reste assez modeste. Ce livre analyse les raisons de ce paradoxe afin de proposer des solutions qui passent notamment par un rapport de la géographie à son utilité sociale intégrant de nouvelles relations avec les autres disciplines, et non seulement à l’histoire, et par des formations intégrant les turbulences du monde et la maîtrise du faisceau explicatif des avancées de la science. Georges Roques apporte ainsi une précieuse contribution à un débat essentiel avec, en transversal, une véritable déclaration d’amour à la géographie.
ROSSETTO (Jean) et BERRAMDANE (Abdelkhaleq) – La politique européenne d’immigration
[Karthala, Paris 2009, 312 p., 26,60 €]
Les textes de l’Union européenne signifient la mise en œuvre d’une politique européenne commune de l’immigration. Cette dernière est d’ailleurs, en même temps, le corollaire des accords de Schengen ayant débouché sur un espace de libre circulation, comme en témoigne la suppression des postes douaniers aux frontières des pays concernés ou les passages réservés aux ressortissants “Schengen” dans les aéroports. Mais quel est le contenu réel de cette politique ? Ce livre propose deux ensembles de réponses. Les premières se situent à l’échelle de l’Union européenne en examinant la nature, volontaire ou contrainte, de cette politique, en la discutant au regard des droits de l’homme, en examinant ses rapports avec l’aide au développement… Les secondes consistent à considérer une échelle nationale : Italie, Espagne, Maroc, Chypre…
SAULNIER (Jean-Pierre), ALLAIN (Joël), GOLDMAN (Philippe)
[Direction de –]
De la prospective à l’action. Quand un territoire se prend en main, Cher 2021.
[Apors, Bourges, septembre 2016, 15,00 €]
Existe-t-il un modèle spécifique de développement et d’innovation territoriales dans le contexte institutionnel et politique actuel du “big is beautiful” ? Si oui, la mobilisation des forces vives de ces territoires, la proximité des acteurs, porteurs de richesses humaines et de lien social fort, seront-elles suffisantes ? Ce livre se fonde sur une méthode concrètement mise en oeuvre dans un département. L’ouvrage est préfacé par Jean-Michel Baylet, le ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales. La postface, de Gérard-François Dumont, s’intitule : “Favoriser une meilleure gouvernance des territoires”.
SIERRA (Philippe) & GŒURY (David) – Introduction à l’analyse des territoires.
[Armand Colin, coll. Cursus, Paris, février 2016, 224 p., 16,90 €]
Cet ouvrage a pour objectif d’apporter les bases théoriques pour comprendre les phénomènes de territorialisation. Il en présente d’abord les quatre clefs de lecture classiques (géoenvironnementale, géoéconomique, géopolitique et géoculturelle) avant d’interroger les processus qui renouvellent la question territoriale (mondialisation, métropolisation et intégration régionale). Il conclut sur les pratiques des aménageurs à travers la question du rapport entre pouvoirs publics et territoires, et celle des outils et méthodes du diagnostic territorial. Chaque chapitre articule définitions, réflexion géohistorique, références scientifiques et grands débats contemporains tout en étant assorti d’une étude de cas afin de proposer des exemples diversifiés aux points de vue géographique et méthodologique.
SOREL-SUTTER (Malika) – Immigration – Intégration. Le langage de vérité
[Paris, Fayard/ Mille et une nuits, collection Essais, 2011, 288 p., 17,10 €]
Rédigé d’une plume alerte par un membre du Haut Conseil à l’intégration, cet essai est porté par une double ambition. D’une part, il s’agit de poser un diagnostic, d’analyser les manquements à la politique d’intégration dus notamment à un certain “politiquement correct” médiatique. D’autre part, le livre expose les voies d’une politique d’intégration gagnante-gagnante, c’est-à-dire gagnante pour les immigrants et gagnante pour la République.
SOUPART (Damien) & MONTENAY (Yves) – La France face à la mondialisation. Le français méprisé mais adopté
[Les Belles Lettres, Paris, février 2015, 352 p., 25,00 €]
Ce livre analyse la situation de la langue française en France et dans le monde. Le français est à la fois méprisé par une partie des élites et adopté à l’étranger, notamment par les masses africaines. Mais cette adoption est menacée par des pressions politiques et économiques. Ce livre est original sur trois points : – l’analyse du rôle des entreprises, vecteurs de l’anglais en France, et du français dans les pays étrangers où elles s’implantent ; – les processus à l’oeuvre en Afrique ; – l’absence de stratégie linguistique tant du gouvernement français que de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), qui disperse ses forces en tentant d’incarner une seconde ONU.
SULLEROT (Evelyne) – Lettre d’un enfant de la guerre aux enfants de la crise
[Fayard, collection Documents, Paris, 2014, 250 p., 17,00 €]
L’expérience s’acquiert mais cela demande du temps. D’où l’importance de savoir profiter de celle des autres. C’est pourquoi ce livre d’Evelyne Sullerot (89 ans) est indispensable. Cette grande sociologue s’est toujours battue pour être une femme libre dès la terrible période de la Seconde Guerre mondiale comme après. Son combat pour les femmes comme pour une meilleure compréhension des réalités sociales s’est traduit par de nombreux investissements associatifs et publications. Sans se poser en donneuse de leçons, elle nous livre un message combinant le réalisme permettant de comprendre le présent et l’espérance permettant d’œuvrer intelligemment pour l’avenir. À son âge, plus que jamais libérée des modes et des théories, Evelyne Sullerot nous offre une lecture essentielle rédigée dans un langage d’une agréable clarté.
SULLEROT (Evelyne) – Nous avions 15 ans en 1940
[Paris, Fayard, collection Documents, 2010, 352 p., 19,00 €]
L’analyse sociologique d’une population à un moment donné doit toujours croiser l’effet d’âge, c’est-à-dire ce qui résulte de la période historique dans laquelle vit cette population. Evelyne Sullerot a eu l’excellente idée d’interroger la génération de personnes ayant eu 15 ans en 1940 sur leur vécu d’alors. À travers des témoignages de situations singulières et imprévues, c’est aussi une géographie historique des effets spatiaux de la guerre qui se dégage, à l’exemple des pérégrinations de Jacques Dupâquier entre la Manche, Le Havre et Paris. Au delà des pages d’histoire qui en font sa profondeur, ce livre est essentiel par son approche profondément originale.
SULLEROT (Evelyne) Pilule, sexe, ADN : trois révolutions qui ont bouleversé la famille
[Paris, Fayard, 2005, 326 p., 19,00 €]
C’est toujours un double plaisir de lire Evelyne Sullerot. D’une part, la grande sociologue, cofondatrice du Planning familial, correspondant de l’Institut, possède un style fait de clarté et de rigueur dans un excellent emploi de la langue française que le lecteur ne peut que savourer. D’autre part, cette qualité de langue est au service d’une analyse profonde et profondément originale des évolutions sociologiques et, plus précisément, des changements intervenus dans la famille. Dans ce nouveau livre titré, en grosses lettres rouges, sur la couverture : Pilule, sexe, Adn, Evelyne Sullerot montre combien ces trois mots recouvrent « trois révolutions qui ont bouleversé la famille », sous-titre de son livre. Elle nous donne le premier essai qui permet de comprendre comment ces révolutions sont arrivées, comment elles se sont diffusées, comment les lois en ont été modifiées, comment elles se complètent, comment elle modifient à la fois les valeurs et les comportements. Ces révolutions, qui sont des faits, interrogent aussi sur leurs conséquences actuelles et futures. Sans tabou, mais utilisant ses vastes connaissances et une large documentation, Evelyne Sullerot explore et appelle des réponses pour que l’usage fait de ces révoltions débouchent sur une société plus responsable. Un livre indispensable.
TAGLIONI (François) – Insularité et développement durable
[IRD Orstom Editions, coll. Objectifs Suds, Marseille, 2011, 549 p., 39,90 €]

Comment faire une croisière géographique tout en restant chez soi ? Il suffit de lire ce livre qui nous emmène de la Martinique au Japon, en passant notamment par Jersey, La Réunion, Timor-Leste ou la Nouvelle-Calédonie. Mais la variété du livre est aussi dans les thèmes, tous reliés par le développement durable : société et culture, environnement et ressource, enjeux et risques économiques, gouvernance. Le livre s’intéresse à des îles dont la densité de population et les évolutions démographiques sont fort diversifiées. Parmi toutes “les perles” de cet ouvrage, le cas des Açores montre qu’une faible densité ne s’accompagne pas nécessairement d’un meilleur développement durable et peut, au contraire, engendrer une politique environnementale moins avancée.

TANDONNET (Maxime) – Géopolitique des migrations
[Paris, Ellipses, 2007, 114 p., 15,20 €]

Après un panorama du paysage mondial des flux migratoires, distinguant trois natures de l’émigration et trois modèles de politique d’immigration, l’auteur analyse plus précisément huit grands viviers de l’émigration planétaire, sans omettre ce vivier plus récent qu’est la Chine. Puis il s’interroge sur la période des années 1990 où la croyance en une “fin des frontières” correspondait selon lui au “temps de l’angélisme”. Le 11 septembre 2001 s’est alors révélé comme un tournant, aux États-Unis comme en Europe, en raison d’une interrogation sur le rapport éventuel entre immigration et terrorisme. Il en est résulté une prise en compte de l’immigration clandestine conduisant à se demander s’il n’y a pas “retour des frontières”. La dialectique entre immigration subie et immigration choisie a pris de l’importance parallèlement aux préoccupations concernant l’intégration.

TÉTART (Frank) (dir de–) – Grand atlas 2014 Autrement
[Paris, Éditions Autrement, 2013, 128 p., 16,06 €]

La richesse de cet atlas de 200 cartes et 80 infographies tient aussi aux commentaires qui les accompagnent. Partant d’un panorama géopolitique du monde, l’atlas se penche sur les guerres et conflits avant d’étudier les enjeux démographique, alimentaire, climatique, de l’eau, de l’énergie et de la migration. Le dernier chapitre se centre sur la France et sa position dans les contextes européen et mondial.

THIBAULT (Christel) – L’archipel des camps. L’exemple cambodgien
[Paris, Le Monde, PUF, 2008, 173 p., 23,75 €]

Le prix Le Monde de la recherche universitaire ne s’est pas trompé. La question des relations entre l’humanitaire, le politique et le militaire s’avère effectivement centrale dans tous les conflits actuels, qu’il s’agisse de l’Afghanistan, du Congo RDC, de la Somalie ou du Darfour. Or, un exemple récent permet d’éclairer cette question, celui du Cambodge, où la population réfugiée est restée bloquée à la frontière thaïlandaise pendant plus de dix ans. En retraçant l’histoire de ces réfugiés, souvent instrumentalisés par le “jeu” des rapports de force entre tous les acteurs intervenant dans le conflit cambodgien, Christel Thibault livre un ouvrage nécessaire. Son analyse montre qu’il ne faut décerner a priori à aucun acteur “le bon Dieu sans confession”, à l’instar des Nations unies, dont le rôle apparaît ambigu. Un livre essentiel pour réfléchir à la façon de mieux résoudre demain la situation des millions de réfugiés chassés par des conflits.

TORRE (André) & BOURDIN (Sébastien) (dir.) – Big bang territorial. La réforme des régions en débat
[Armand Colin, Paris, décembre 2015, 344 p., 3,99 €]
Ce livre numérique permet d’éclairer de nombreuses questions : quelle légitimité des nouveaux périmètres régionaux ? Quels rôles et quelles fonctions des nouvelles régions ? Comment (re)penser les projets des territoires de demain ? Quelles réformes dans les autres pays ? Durant plus d’un an, des chercheurs, spécialistes en géographie, aménagement du territoire, économie régionale, marketing territorial… ainsi que quelques acteurs de terrain, se sont penchés sur les nouvelles lois territoriales françaises pour les décrypter. Un livre à la fois complet et très riche.
TOUTAIN (Stéphanie) – Le nouvel âge des retraites
[Paris, Ellipses, 2007, 236 p., 13,78 €]

Pour bien suivre les débats à venir sur de nouveaux changements ou aménagements concernant le système français des retraites, deux conditions sont nécessaires. D’une part, comprendre clairement les réformes déjà en œuvre, soit la réforme Balladur de 1993 concernant uniquement le secteur privé, et la réforme Fillon de 2003 reprenant la réforme précédente en l’appliquant en partie au secteur public. D’autre part, il est nécessaire de disposer d’éléments comparatifs en examinant les réformes conduites dans les autres pays européens, aux États-Unis, au Japon ou en Chine. Ce livre de la collection “Transversale Débats” est donc d’une lecture essentielle.

TRIBALAT (Michèle) – Les yeux grand fermés. L’immigration en France
[Paris, 2010, Denoël, collection Médiations, 300 p. 18,05 €]
Le débat en France sur l’immigration est fréquemment faussé car on refuse de mettre en place les outils permettant d’en prendre la juste mesure et, trop souvent, d’analyser scientifiquement cette question. La meilleure spécialiste de l’immigration en France livre tout un ensemble d’arguments qui montrent, malheureusement, la tendance française assez générale au dégoût de la vérité. C’est l’occasion pour elle de mettre de nombreuses pendules à l’heure et de plaider pour que la France cesse d’avoir “une statistique timorée, craintive et finalement inadéquate”. Un livre indispensable.
VERLUISE (Pierre) & DUMONT (Gérard-François) – Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural.
[PUF, coll. Major, Paris, septembre 2016 (2e édition), 128 p., 26,00 €]
Ce livre présente une deuxième édition entièrement revue, mise à jour et complétée, notamment en prenant en compte le vote “Brexit” du 24 juin 2016. Les auteurs ont eu l’intelligence, au lieu d’ajouter simplement un chapitre sur le “Brexit”, de traiter cette question de façon transversale au fur et à mesure de l’analyse des différents paramètres de la géopolitique de l’Europe. Le livre ne manque pas de s’interroger sur l’avenir géopolitique de l’Union européennne grâce à neuf scénarios prospectifs.
VERLUISE (Pierre) – Géopolitique des frontières européennes – Élargir, jusqu’où ?
[Paris, 2013, PUF, coll. Géopolitiques, 140 p., 14,16 €]
Comment ne pas s’interroger sur une Europe qui, bien que première puissance économique mondiale, traverse une crise multiple ? L’un des aspects de cette crise tient aux difficultés de l’Union européenne à définir ses frontières, à l’exemple de ces pas de deux avec la Turquie, guère compréhensibles par les opinions publiques. Le mérite de Pierre Verluise est de clarifier tous les paramètres permettant de répondre aux questions suivantes : jusqu’où l’Union européenne compte-t-elle encore s’élargir ? Quelles relations l’UE entretient-elle avec des pays de l’Est qui étaient considérés comme des ennemis ? Comment s’organisent ses relations avec le Sud ? Le livre décortique donc trois enjeux. Le premier concerne les élargissements en cours et conduit à s’interroger notamment sur le cas de la Turquie qui “pourrait être le pays le plus vaste et le plus peuplé de l’Union européenne” alors que la majorité de ses régions, compte tenu de leur faible PIB relatif, absorberait une part considérable de la politique régionale européenne. Le deuxième enjeu étudié porte sur les frontières orientales de l’Union européenne, examinant la Russie et l’Ukraine. Le troisième s’intéresse aux relations avec le Sud, avec un chapitre spécifique sur le Maroc. Une vingtaine de cartes illustre cet excellent ouvrage.
VERLUISE (Pierre) – 20 ans après la chute du mur. L’Europe recomposée
[Paris, Choiseul, 2009, 259 p., 19,00 €]

Il peut sembler évident que, “Vingt ans après la chute du mur”, la donne géopolitique mondiale a radicalement changé. Mais on a moins connaissance des jeux secrets entre puissances pendant et après la Guerre froide, comme de l’âpreté des luttes d’influence autour – et au sein – de l’Europe. Le mérite de l’ouvrage de Pierre Verluise est d’éclairer sur le chemin parcouru. L’angle choisi par l’auteur n’est pas celui du récit classique de l’histoire de la fin de la guerre froide et de la construction européenne. Au contraire, Pierre Verluise invite au cœur des raisonnements et des stratégies des différentes personnalités ou puissances qui ont contribué à façonner l’Europe d’aujourd’hui : les entretiens et témoignages recueillis auprès d’acteurs de cette époque font comprendre les événements marquants de l’avènement de la nouvelle Europe.

VETTOVAGLIA (Jean-Pierre) (direction de–) – Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention
[Bruylant / LGDJ, Bruxelles, 2013, 1146 p., 85,50 €]
La prévention des conflits impose un impératif préalable : comprendre leurs causes profondes. C’est l’objet de la première partie de ce livre-somme qui propose d’abord une présentation théorique en analysant les déterminants politiques, culturels, ethniques, religieux, économiques et écologiques. Mais il n’omet pas l’examen des interactions entre démographie et conflits. Une étude fine, s’appuyant sur l’élaboration d’un nouvel indicateur, “l’indice démographique des conflits armés”, montre l’absence générale de corrélation pour mettre en évidence ce qu’elle appelle “le paradoxe des interrelations entre la démographie et les conflits”. Cette première partie est enrichie de nombreuses études de cas appliquées aux pays des différents continents. Forte de ces connaissances, la seconde partie porte sur les “nouvelles formes de prévention” des conflits. Un livre essentiel.
WACKERMANN (Gabriel) (direction de–) – Environnement et écosociété
[Paris, Ellipses Marketing, collection Carrefours, 2011, 623 p., 36,10 €]

Ce livre est intitulé Environnement et écosociété mais sa couverture précise « 2000 mots pour tout comprendre ». Effectivement, cet ouvrage est un nouvel et excellent dictionnaire dû à une cinquantaine de géographes. Notions, concepts et personnalités sont présentés clairement selon une définition préalable, explicitée ensuite par un paragraphe bien construit. Enfin, les notices se terminent souvent par des références bibliographiques et le renvoi à des entrées portant sur un thème semblable. Parmi l’ensemble des entrées concernant la géographie de la population, le lecteur trouve ou découvre avec plaisir Esther Boserup, Alfred Jenner ou Alfred Sauvy et, bien entendu, Malthus et malthusianisme mais aussi les notions insuffisamment connues de « para-urbanisation », « diasporisation » ou « hiver démographique ». Parmi les éléments saillants, il faut noter l’approfondissement de nombreuses notions concernant l’aménagement, la nutrition, la santé, l’habitat ou la mobilité, qu’il s’agisse de l’autopartage, de la convention de Genève ou du « navetteur ». Un livre indispensable.

WACKERMANN (Gabriel) (direction de-) – La France en villes
[Paris, Ellipses Marketing, collection Capes/agrégation, 2010, 350 p., 27,55 €]

Le livre dirigé par Gabriel Wackermann montre d’abord comment la France a connu une mutation urbaine d’où résultent une typologie spécifique et de nouvelles problématiques. L’examen de différents profils intra-urbains permet à la fois d’étudier des phénomènes d’exclusion et, à l’opposé, des phénomènes d’innovation. L’étude des fonctions urbaines permet d’appréhender la question du commerce, celle des transports ou du tourisme urbain.

WACKERMANN (Gabriel) (direction de-) – L’Europe
[Paris, Ellipses Marketing, collection Capes/agrégation, 2009, 414 p., 27,56 €]

Le titre de ce livre collectif, par sa brièveté, ne dévoile guère un contenu pourtant très riche et diversifié. De nombreux aspects de géographie, physique, économique, historique, géopolitique… sont traités par 21 géographes dans un volume de plus de 400 pages Le lecteur n’est pas contraint de lire en continu, mais en fonction de ses centres d’intérêt. Ainsi, la géographie de la population fait-elle l’objet de deux chapitres analysant d’une part les évolutions naturelles, donc de la natalité et de la mortalité en Europe, en décryptant “l’hiver démographique” et, d’autre part, le système migratoire européen. Des approches en géopolitique des populations permettent de s’interroger sur les effets des élargissements de l’Union européenne en termes de puissance ou sur l’existence d’une “frontière démographique” entre les deux rives de la Méditerranée.

WACKERMANN (Gabriel) (direction de-) – Nourrir les hommes
[Paris, Ellipses Marketing, collection Capes/agrégation, 2008, 264 p., 18,53 €]

La prise en compte à la fois de la géographie de la population et de la géographie économique et sociale – fondements d’une connaissance approfondie des milieux territoriaux – devient indispensable pour éviter que la question de la faim dans le monde soit considérée comme une fatalité. Une telle démarche conduit à une géographie applicable examinant les potentialités offertes aux sociétés concernées et à leurs territoires. Le livre traite notamment des facteurs des disparités géodémographiques de l’alimentation dans le monde et explique les raisons permettant de comprendre la carte de la sous-alimentation et pourquoi elle n’est nullement corrélée avec la densité de population. Le livre propose aussi une réflexion sur les besoins alimentaires dans le monde en fonction des perspectives démographiques.

WACKERMANN (Gabriel) (direction de-) Le développement durable
[Paris, Ellipses Marketing, 2008, 493 p., 28,03 €]

Ce livre collectif traite d’abord de divers aspects d’ensemble, dont les interrelations entre l’aménagement et le développement durable. Il montre à cet égard que le passé a vu naître des aménagements conformes au développement durable dans le savoir, à l’instar de Monsieur Jourdain qui faisait de la prose. Mais le passé a aussi vu des aménagements à rebours du développement durable, ce qu’il ne faut plus faire. Parmi les problématiques sectorielles qui font l’objet de la deuxième partie, l’analyse fine des interrelations entre population et développement durable conduit à démontrer, malgré les nombreux poncifs contraires, l’erreur des différentes approches malthusiennes, dans la mesure où l’évolution du peuplement permis par la transition démographique relève non d’un processus de “croissance”, mais d’une logique de “développement durable”.

WACKERMANN (Gabriel) – La Russie
[Paris, Ellipses, 2007, 397 p., 28,03 €]

Le choix de la Russie dans les thèmes des concours est un stimulant pour une approche géographique fine de cet immense pays. Outre les chapitres traitant de l’histoire, de la géopolitique, de la diversité linguistique, des questions d’environnement, ce livre compte deux chapitres de Gérard-François Dumont qui présente des analyses indispensables pour la compréhension du pays le plus vaste du monde, de son peuplement, de son armature urbaine, mais aussi de sa dépopulation. Il présente en particulier un tableau inédit de la population, de la superficie et de la densité des 89 entités qui forment la Fédération de Russie. Le statut juridique de ces entités est précisé et l’auteur indique également les poids respectifs des sept districts fédéraux, et distingue la Russie d’Europe et la Russie d’Asie. Il convient aussi d’insister sur la présentation de la pyramide des âges de la Russie et l’explication des considérables variations de cette pyramide selon les générations. Plus généralement, de nombreuses figures et cartes font de ce livre une référence essentielle.

WACKERMANN (Gabriel) (direction de-) – La Russie en dissertations corrigées
[Paris, Ellipses, 2007, 239 p., 20,43 €]

La géographie d’un pays requiert l’analyse de ses migrations internes et ce livre répond notamment à la question suivante : “les flux migratoires internes ont-ils changé en Russie depuis la fin de l’URSS ?”. Mais la compréhension géographique d’un pays ne s’arrête pas à ses frontières ; elle exige aussi de considérer son voisinage comme ses échanges migratoires internationaux. Ce livre traite donc notamment de l’Ukraine (“L’Ukraine est-elle pour la Russie un pays étranger ?”) et des pays Baltes (“L’héritage russe dans les pays Baltes”). Afin de traiter ces thèmes, l’ouvrage s’appuie sur les réalités géodémographiques les plus récentes, sans omettre d’analyser l’importance du facteur religieux en Ukraine avec l’existence de pas moins de trois Églises orthodoxes. À noter également l’étude novatrice sur “La Russie extrême-orientale et les migrations chinoises”, accompagnée, à notre connaissance, de la première carte permettant d’illustrer de changement majeur.

WACKERMANN (Gabriel) – La mondialisation
[Paris, Ellipses, 2007, 384 p., 18,05 €]

L’originalité de ce livre est de donner la parole à vingt-et-un auteurs pour présenter des dossiers ou des dissertations corrigées qui éclairent un phénomène souvent réduit à une approche simpliste ou idéologique. Le souci des auteurs est non de théoriser cette question mais d’en analyser les différents aspects sous les angles de la géographie culturelle, de la géographie économique, de la géographie des entreprises, de la géographie militaire, de la géographie politique ou encore de la géographie de la population. Sur cette question, nous retiendrons l’examen talentueux de la mondialisation au regard du schéma de la transition démographique ou des migrations internationales.

WACKERMANN (Gabriel) – Dictionnaire de géographie
[Paris, Ellipses, 2006, 432 p., 28,03 €]

Compte tenu des progrès constants de la science géographique, un nouveau dictionnaire est une excellente nouvelle, d’autant qu’il a choisi une approche ouverte à l’interdisciplinarité, définissant aussi des termes communs à la géographie et à d’autres disciplines, avec lesquelles elle entretient des liens étroits et nombreux. Voici un florilège des termes définis : aménagement, bioclimats, cartographie, catégorie socioprofessionnelle, densité, développement durable, érosion, fécondité, habitat, logistique, paysage, peuplement, relief, ressources, services, télédétection, tourisme, ville… Ce dictionnaire est donc une base fondamentale du savoir et savoir-faire géographiques, mais aussi du savoir-être des géographes. Il apparaît comme un facteur de forte identification des géographes en tant qu’élément déterminant de la communauté scientifique, et comme un lien profond entre l’environnement physique et l’homme, à travers des relations changeantes entre l’espace et le temps. Chaque entrée comprend, bien entendu, la définition de l’entrée principale, mais aussi des sous-entrées précisément signalées et parfois des variantes de sous-entrées imprimées différemment. Chaque entrée propose le renvoi à une ou plusieurs autres entrées liées. Près de 1500 entrées sont ainsi traitées grâce à une équipe de spécialistes multidisciplinaires, couvrant tous les domaines de la géographie : géographie historique et culturelle, géographie humaine, physique ou régionale… sans oublier la géographie de la population. Cette dernière n’omet pas les nouveaux termes servant à décrire de nouvelles particularités géodémographiques, comme la paraurbanisation, clairement distinguée de la périurbanisation, la gérontocroissance, précisément distinguée de vieillissement, sans oublier tous les aspects du mouvement naturel et des migrations. De nombreuses illustrations complètent les définitions et font de ce dictionnaire un « essentiel » dans toute bonne documentation.

WACKERMANN (Gabriel) Ville et environnement
[Paris, Ellipses, 2006, 26,13 €]
 
WACKERMANN (Gabriel) L’Amérique latine
[Paris, Ellipses, 2006, 26,13 €]
 
WACKERMANN (Gabriel) L’Amérique latine en dissertations corrigées et dossiers
[Paris, Ellipses, 2006, 16,15 €]
 
WACKERMANN (Gabriel) Géographie du développement
[Paris, Ellipses, 2005, 357 pages, 28,50 €]
Poursuivant son œuvre encyclopédique, Gabriel Wackermann nous offre une approche complète du développement et de ses divers stades. Après une première partie précisant la notion de développement, tout particulièrement sous ses aspects théoriques, la deuxième traite de la nature du développement en distinguant ses différents stades. Le cadre physique, socioculturel et économique du développement est présenté dans une troisième partie. Les autres examinent les effets du développement (composantes sociales, composantes spatiales, rôle du droit, géopolitique) et les types d’espaces de développement (du sous-développement aux sociétés émergentes, des sociétés en transition aux sociétés développées). Enfin, une septième partie présente des regards actuels et quelques prospectives.
WOESSNER (Raymond) (dir.) – La France des marges
[Atlande, coll. Clefs Concours, Paris, octobre 2016, 250 pages, 25,00 €]
La formulation de cet intitulé, retenu comme question de concours pour le recrutement de professeurs, peut étonner certains lecteurs. En réalité, il permet d’aborder de multiples facettes des territoires français, comme les régions frontalières, les espaces vinicoles marginaux compte tenu de leur poids relatif réduit dans la production, les marges maritimes et ultra-marines, etc. Parmi les questions liées au peuplement, ce livre contient un chapitre qui interroge sur l’importance relative des populations urbaines et rurales tandis qu’un autre analyse les facteurs explicatifs des migrations résidentielles qui, se dirigeant vers des territoires ruraux, les “réenchantent”. Le livre présente la dynamique démographique retrouvée de territoires répulsifs devenus attractifs et n’omet pas non plus d’étudier finement les territoires français les moins denses, y compris les plus représentatifs d’une “France ridée”.
WOESSNER (Raymond) (dir.) – L’Union indienne
[Atlande, coll. Clefs Concours, Paris, novembre 2015, 250 pages, 25,00 €]
Cet ouvrage offre un panorama complet de l’Inde sous le regard de géographes, sans omettre l’importance de l’héritage historique. Par exemple, la partie consacrée à l’urbanisation commence en montrant combien les villes indiennes d’aujourd’hui sont le “témoignage d’une longue histoire urbaine” et combien les municipalités sont les “fruits d’héritages institutionnels”. Puis le livre présente l’urbanisation de l’Inde, à la fois gigantesque et paradoxalement minoritaire, tandis que l’armature urbaine est très hétérogène. Un autre chapitre décrypte les originalités de la transition démographique indienne et permet, à travers le cas de ce pays devenu milliardaire en nombre d’habitants, de mieux comprendre le concept de transition démographique. Ce livre essentiel inclut de précieuses cartes et figures ainsi qu’un glossaire bienvenu.
WOESSNER (Raymond) – COP 21 – Déprogrammer l’apocalypse
[Atlande, coll. Références, Paris, octobre 2015, 320 pages, 19,00 €]
Sous un titre volontairement attractif, cet ouvrage, qui paraît à l’occasion de la conférence pour le climat de 2015, propose une approche à la fois excellente et très vivante : sur chaque thème, une double page avec un texte clair et une illustration parlante se répondent. À noter plusieurs doubles pages qui traitent les différents aspects, négatifs ou positifs, des migrations climatiques et les diversité des réponses apportées à cette question selon les territoires : Pays-Bas, Maldives, Tuvalu, etc.
ZANINETTI (Jean-Marc) – Les espaces de l’Amérique du Nord – Canada, États-Unis, Mexique
[Paris, PUF, coll. Major, 2012, 192 pages, 18,05 €]
Considérer l’Amérique du Nord comme constituée par le Canada, les États-Unis et le Mexique déroge à la classification conventionnelle mais se justifie par l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) unissant ces trois pays depuis 1994. L’analyse de leurs espaces est effectuée en onze chapitres, du premier portant sur les conditions naturelles au dernier traitant des questions géopolitiques. Le chapitre 3, intitulé “Migrations et territoires en Amérique du Nord”, met en évidence “la place centrale des migrations pour comprendre la dynamique démographique”, en distinguant fort utilement la mondialisation démographique des États-Unis et du Canada et le rôle spécifique du Mexique, tandis que se développe une “Mexamérique”. L’étude de l’organisation de l’espace (chapitre 4) permet de différencier l’armature urbaine selon les pays et son évolution. Mais, au delà de ces approfondissements des réalités géodémographiques de cette macrorégion, c’est l’ensemble du livre, bénéficiant d’une cinquantaine d’illustrations, qui mérite d’être lu.
ZOUARI (Ilyes) – Petit dictionnaire du monde francophone
[L’Harmattan, Paris, mars 2015, 456 pages, 39,00 €]
Fruit d’un travail minutieux, ce livre comporte : – une présentation détaillée des 45 pays et territoires francophones autour de neuf rubriques : géographie, économie, culture, gastronomie, “ça vaut le détour”, proverbes, sites web des principaux journaux et magazines d’information ; – de nombreuses cartes, un lexique du “français d’ailleurs” répertoriant une sélection de termes spécifiques aux autres terres francophones ; – une présentation des pays et territoires francophiles et/ou abritant des minorités de langue française, avec indication de la situation du français et de son enseignement ; – un répertoire des principaux organismes, événements panfrancophones ; – et d’abondantes données chiffrées, parfois inédites : sait-on, par exemple, que le monde francophone s’étend sur une superficie de 16,3 millions de km2 ou que la distance en territoire francophone continu est de 6 080 km, entre Alger et la frontière sud-est du Congo RDC, près de Lubumbashi (soit près de deux fois et demie Paris-Moscou !) ?

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